Chapitres d'Estel -> Etude du Lond Daer -> [Récit] Journal de guerre d'un capitaine
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 17/03/2009 à 19:04    Sujet du message : [Récit] Journal de guerre d'un capitaine
Évaluer
Citer
 

Afin de me remémorer toujours les évènements malheureux dont je fus témoin, j'entreprends ce journal pour y conserver mes faits, mes pensées et mes observations.

17 Juin 3016

Jour 1
La fin est proche...
Depuis la mort de ma douce grand-mère, j'ai administré mon domaine et l'ai fait prospérer de mon mieux, portant le nombre de chevaux de l'élevage de 67 à sa mort à 186 à ce jour (sans parler des quatre pouliches en attente de l'heureux évènement), j'ai fait construire une nouvelle grange à 5 miles au Nord du village, qui a d'ailleurs gagné 3 habitations depuis. Le moulin a été modernisé et le silo à grains qui avait brûlé en été 3012 a été reconstruit. Depuis 3012 nous possédons également une grande maison et une écurie à Edoras, et j'ai fait aménager un refuge vers la forêt de Ferogâst.

Mais à quoi bon mes années de travail pour rendre leur gloire aux terres de mes ancêtres?
Un cauchemar depuis longtemps oublié semble refaire surface.

Certains de nos paysans sont rentrés des champs hir avec des nouvelles affolantes. Depuis les collines ils ont apperçu un important détachement d'hommes à pied se dirigeant droit vers le domaine. Après avoir eu confirmation de cette information par un éclaireur, je dois me rendre à l'évidence. Les hommes de la Marche vont à cheval quand ils se déplacent, et nulle autre armée détacherait ses hommes dans cette région. L'éclaireur parlait d'hommes trapus vétus de peaux.
Des dunlendings... la simple pensée qu'ils foulent mes terres est un outrage et une honte vis-à-vis de mes ancêtres. Mais je ne peux rien faire. Nous ne sommes pas assez nombreux à savoir manier les armes, et des renforts d'Edoras viendraient trop tard. De toute façon le roi s'affaiblit, et n'a plus la poigne daurefois. L'âge peut-être? Bref, rien ne dit qu'il enverrait qui que ce soit.

Je dois faire évacuer mes terres. Mon intendant est déjà parti vers Edoras avec les dernières récoltes et la plupart de nos chevaux, et j'ai envoyé des cavaliers bouter le feu aux champs restants. Ce serait encore mieux! Que mon blé leur serve à soutenir l'effort de guerre contre notr patrie! Je préfère encore qu'il brûle. Les femmes et les enfants sont également partis vers Edoras. Il ne reste que moi et 30 hommes. Le convoi vers Edoras est lent, nous devons ralentir l'avancée ennemie si nous voulons sauver nos familles. Mais quelle chance avons nous? L'ennemi nous est de loin supérieur en nombre. Nous nous battrons à 1 contre 10, mais nous nous battrons.

Voilà le soir qui tombe. Ils seront dans deux heures au plus tard. C'est peut-être ma dernière chevauchée. Qui sait si nous verrons l'aube? Mais mes hommes n'ont pas peur, ils sont déterminés à mourir pour leurs familles, pour leurs terres, pour leur seigneur. Serais-je à la hauteur de leurs attentes? Je dois conserver la tête haute, pour ces hommes qui ont confiance en moi.

Le soleil vient de se coucher, mais l'espoir n'est pas tout à fait mort.

Pour la première fois de ma vie, j'ai peur.

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 19/03/2009 à 15:27    Sujet du message : Impossible résistance
Évaluer
Citer
 

La Nuit

Il est plus de minuit, nous les attendons toujours. Mes hommes n'ont pas eu une minute de repos depuis des heures. Ils attendent dehors, en armes, qu'il se produise quelque chose. Ils refusent de le montrer mais je vois dans leurs yeux qu'ils sont terrifiés. Après tout, on raconte des histoires horribles sur ces bêtes.

J'ai fait préparer la place principale du village pour combattre. 5 archers de chaque côté de la rue, embusqués sur les toits avec une forte réserve de flèches. Sur la place j'ai fait placer des braseros pour éclairer la nuit et les attirer dans le piège. Dans deux ruelles étroites des deux côtés de la place attendent 20 cavalier, 10 de chaque côté. Ils chargeront l'ennemi par surprise. J'espère que l'effet de surprise et l'attaque sur deux fronts couverts des archers aura raison d'eux. 5 hommes m'attendent devant la porte. Nous devons les attirer dans le piège en apparaissant seuls et apeurés. Mais ils auront une mauvaise surprise. Quand ils traverseront la place, l'enfer s'abattra sur eux. Une trainée d'huile à l'entrée de la rue coupera leurs forces en deux une fois enflamée. Les flèches pleuvront et la charge viendra de trois côtés à la fois.

La peur étreint chacun de mes hommes, et moi avec eux, car aussi douloureuse soit cette constatation, je ne peux me mentir à moi-même. J'ai peur autant qu'eux, voire plus. Leurs vies dépendent de moi, je ne dois pas les décevoir.

J'entends des cris dehors, ça a commencé.



____________________________________________________________________________________





Ils nous ont pris à revers. En entendant leurs cris, nous avons pris nos positions. Mais ils ne sont pas venus. Des torches ont survolé les toits derrière nous, aterrissant parmi les maisons, boutant le feu au bois asséché par l'été. Ils ont chargé depuis l'arrière avec un petit détachement. Nous avons été surpris, et sans les hommes devant ma porte j'aurais été tué. Mais ce n'était que pour détourner notre attention. Leurs hommes ont chargé par l'entrée principale, et ils étaient plus nombreux à savoir passer avant l'embrasement de l'huile que ce qui était prévu. Une centaine de dunlendings contre 25 des notres, plus les 10 archers et moi-même. Mes hommes se sont battus avec l'énergie du désespoir. Les flammes en ont tués quelques uns semant la confusion dans leurs rangs. Notre charge inattendue et les flèches des archers les ont pris à dépourvu. Ceux qui sont arrivés sur la place ont perdu beaucoup des leurs avant de parvenir à contre-attaquer. Mais c'était inutile.
Nous les avons massacré. La vingtaine qui restait a préféré détaler par une petite rue, en abandonnant leurs blessés derrière eux.

Nous n'entendons plus rien depuis un moment. Ils attendent.
J'ai compris que je n'ai pas d'autre choix que d'ordonner la retraite. Sacrifier ma propre vie m'appartient, mais qui suis-je pour lenvoyer mes hommes mourir pour rien? Nous sommes débordés par leur nombre, la première attaque nous a couté la vie de 4 hommes et celle de 6 chevaux, et tous les cavaliers ou presque sont blessés, au moins légèrement. J'ai donné l'ordre de préparer les chevaux de rechange et de monter en selle.
Certains hommes devront monter à deux sur un cheval et certains ne peuvent plus tenir debout ni à cheval sans aide. J'espère que l'effet de surprise nous permettra de percer leurs lignes, au cas où ils nous aient encerclés.
Le jour commence à poindre à l'horizon, mais verrons nous le soleil se lever ce matin?

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 20/03/2009 à 22:15    Sujet du message : Jour 2
Évaluer
Citer
 

Deuxième Jour

Nous sommes passés!
Nous avons culbuté les quelques dunlendings qui patrouillaient non loin du village. Et pas un seul mort, ils ont été trop surpris pour se défendre, si bien que ceux qui ne sont pas tombés se sont enfuis avec force cris. Et le reste des leurs est arrivé bien trop tard.
Mes hommes n'ont pas hésité un instant à charger, et les cheaux, comme conscients du danger, ont du battre tous les records.
Jamais chevauchée ne fut aussi rapide et inébranlable. Comme une flèche transperçant une cape nous sommes passés à travers leurs rangs sans qu'ils puissent nous arrêter. Et inutile de vouloir nous rattraper.

Du haut des collines, nous avons eu une bonne vue sur mes terres. Le village n'était plus qu'un grand brasier! J'ai reconnu ma maison avec horreur. Le toit s'est déjà effondré. Tout est détruit. Le labeur d'années part en fumée en à peine une nuit. Ces porcs me paieront cet affront de leus misérables vies, et par mes ancêtres, je bouterais le feu à leur terre de Dun.
Jamais je ne poserais l'épée tant qu'il restera un de ces monstres encore en vie pour menacer la Marche.

Nous allons poursuivre la chevauchée à présent, avant qu'il ne leur vienne à l'esprit de nous poursuivre. Je ne puis plus écrire... une émotion m'étreint à la vue de ce feu qui s'en va consumer mon âme, et si je ne veux devenir fou, je dois m'en détourner. Les larmes me sont proches, mais je dois maintenir le front haut et le dos droit, sinon pour moi, au moins pour mes hommes. Certains d'entre eux pleurent nos compagnons tombés et notre foyer dévasté, et si je suis leur exemple, tout courage abandonnera leur coeur, et ils seront perdus. Je dois être l'exemple du courage, pour ceux qui sont morts, et surtout pour ceux qui vivent encore.

Si je m'abandonne au désespoir, je spolie la mort de ces hommes et je crache sur mes ancêtres qui ont sué sang et eau pour cette terre, la terre même serait empoisonnée par ma couardise.

Je vais mener mes hommes vers Edoras et implorer le roi de m'aider à les chasser de mes terres. Et s'il refuse de m'aider, j'irai seul les rencontrer dans la plaine, et mon sang rougira la terre.
Mais jamais je n'abandonnerais...

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 22/03/2009 à 18:22    
Évaluer
Citer
 

Jour 4

A Edoras

Nous y sommes...
En dehors de ceux qui perdirent la vie lors de l'attaque surprise des dunlendings, tous sont saufs, même si certains sont blessés (et le vieux Gavin ne passea probablement pas la nuit). Le convoi est arrivé sain et sauf lui aussi. J'ai réussi à vendre presque tout le grain.
Mais Edoras me glace le sang. La ville d'habitude si animée est comme morte. J'ai été reçu à Meduseld cet après-midi. Jamais la cour ne fut aussi froide. Le roi qui aimait à s'entourer de ménéstrels et de chanteurs passe son temps dans le silence sombre du château d'or. La plupart de ceux que je connaissais ont quitté la cour, et bien des personnages déplaisants entourent le roi. De nouveaux officiers de l'armée, des fonctionnaires, quelques restes du vieux Conseil. Mais le plus perturbant est ce Grima. A ma dernière visite, il n'était guère important, ni apprécié, et pourtant il ne quitte aujourd'hui plus le côté du roi Théoden. Son conseiller... pah, depuis quand les rois de la Marche doivent se faire conseiller?
Et je comprends pourquoi ils le surnomment Langue-de-Serpent. Cet homme est gluant et fourbe comme un reptile, et il rampe aux pieds du roi, le couvrant de compliments mielleux. Le roi semble n'écouter que lui.
Quand il m'a reçu, il m'a à peine adressé la parole. Il a tant vieilli. Ses cheveux et sa barbe, autrefois d'or sont aujourd'hui de neige, emmelés et sales. Le roi a le dos plus courbé que le plus bas des manants, alors qu'il était un souverain autrefois si fier... Oui, il a beaucoup changé. Je lui ai demandé de me confier une eored afin de servir le pays de toutes mes forces. Il m'a regardé d'un regard vide et c'est son reptile qui a répondu pour lui. Pah... merci pour le dévouement, désolé pour les pertes, le roi y réfléchira...
C'est ça oui...
Non, Edoras n'est plus ce qu'elle était autrefois. J'ai donné mes ordres pour que mes gens aillent se mettre sous la protection de mon oncle Feorwyc à Aldburg. Cela vaut mieux que de les laisser ici, les intrigues de cour m'ont toujours mis mal-à-l'aise. Je dois retourner à Meduseld demain pour entendre la décision du roi.
Nous verrons bien ce que le roi, ou plutôt son conseiller gluant, aura décidé.

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 29/03/2009 à 13:13    
Évaluer
Citer
 

Jour 5

Refusé!
Il a osé refuser que je mette mon bras au service du roi et du Rohan. Vil serpent, il ne l'emportera pas au paradis. Apparemment tous les postes seraient pourvus dans l'armée, et il ne voudrait pas délester quelqu'un de ses charges à mon profit. "Votre dévouement a touché le roi!" Et pourtant Théoden n'a fait que regarder dans le vide pendant toute l'entrevue. Je ne suis plus en sécurité à la cour. Mes gens sont partis ce matin vers Aldburg, ils devraient y être demain. Et moi, que vais-je faire? Je ne peux tout de même pas rester inactif. Et la proposition de Grima de rester à la cour me déplait encore plus. Ce serait comme introduire un mouton dans la tanière des loups. Non, je dois partir. Mais où? Et comment? Les plaines ne sont plus sûres, et aucun cavalier ne devrait chevaucher seul en ces tristes jours. Si seulemnt Erkenbrand était à Edoras, mais il se bat vers l'Ouest. D'après les rumeurs que Grima tente d'étouffer, ce ne seraient pas uniquement quelques combats contre des dunlendings déguenillés. Ils seraient organisés, concertés, comme si une unique volonté les animait. Et le plus effrayant est que l'on aurait aperçu des orques à la frontière Nord-Ouest.
Quelqu'un frappe à la porte.

____________________________________________________________________________________


La chance me sourit finalement.
C'est un messager qui frappait à la porte. Un homme d'Erkenbrand. Je l'ignorais mais un groupe de ses hommes est actuellement ici, et il est déjà au courant de mes malheurs. Il a donné un ordre expressif à ses hommes de m'inviter à le rejoindre si ils me trouvaient. Je vais partir pour la guerre. Le départ est demain à l'aube, je pars avec les messagers du maréchal. Grima Langue-de-Serpent a semblé furieux quand j'ai été présenter mes adieux à la cour. Il ne m'aura pas avec ses intrigues.
Bon, je dois finir de préparer mes affaires, mes armes, mon cheval. Le temps presse, je reprendrais l'écriture quand j'aurais le temps.

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
Theodeunwulf Ealdormund
L'Ost des Rohirrim
Cavalier

Messages : 96
Message Posté le: 9/04/2009 à 20:09    
Évaluer
Citer
 

Jour 7

J'ai rejoint le maréchal avec les hommes qu'il avait envoyés. Lui au moins m'a accueilli chaleureusement, comme un vieil ami. Il n'a pas oublié mes loyaux services. J'ai mis mon épée à son service, il semble avoir conservé beaucoup d'affection pour moi, peut-être par son ancienne amitié pour mon père.
J'ai reçu, sans même avoir demandé, le commandement d'une eored, l'ancien commandant ayant été tué lors des derniers combats. Des braves gars d'Ouestfolde, 83 hommes valides et 15 blessés. Je vais laisser ceux qui ne peuvnt pas combattre à Fort-le-Cor. J'ai déjà reçu ma première mission. Il faut reconstituer les rangs de mon eored. Nous allons rejoindre certains villages en Ouestfolde pour recruter des soldats. Cela me permettra de me familiariser un peu avec mes hommes.
Certains des hommes me connaissent, d'autres ont entendus parler de moi, et ils m'ont accepté sans problème. Une majorité des soldats est déjà aguérrie, et les aures vont vite le devenir.
La guerre gronde en effet, les paroles d'Erkenbrand sont inquiétantes, en totale contradiction avec ce qui se dit à Edoras. Les orques sont descendus des montagnes dans le Nord du pays, la Marche de l'Ouest et les abords de l'Isen grouillent de Dunlendings.

On va avoir du boulot...

Image


Revenir en haut de page
Profil
Tribune
MP
www
 
    Chapitres d'Estel -> Etude du Lond Daer Sujet précédent :: sujet suivant