Chapitres d'Estel -> Etude du Lond Daer -> [Récit] Le ciel est sombre
 
Rayyan
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Message Posté le: 2/12/2008 à 19:57    Sujet du message : [Récit] Le ciel est sombre
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Le ciel est sombre en cette soirée d'été. L'Eored s'est arrêté auprès d'une forêt, les arbres grincent autour des hommes et des chevaux. Le feu au milieu du camp répand une pâle lumière dansante. Les hommes se reposent, quelques tentes rangées dans le plus strict style militaire encadrent les chevaux qui se reposent. Cent vingt coursiers dressés pour la guerre, les plus belles montures d'Arda, celles que toute la Terre du Milieu enviait. Certains de ses animaux étaient descendants de Mearas, car même si le noble sang des montures s'éteignait doucement certains de ses chevaux en étaient, ils en avaient la fierté et la beauté sous la lueur des rayons de la lune.

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Autour du feu certains des cavaliers discutaient, ils parlaient, des discussions de soldats, de cavaliers, ils parlaient technique de combat, ils parlaient chevaux, ils parlaient armes, ils parlaient femmes. Le commandant de l'Eored les écoutait en souriant, il était homme aguerri au combat. Descendant de cavalier, il avait fait depuis longtemps pris les armes, il avait fait ses classes à la maison du Roi, appris à manier l'épée et la lance, la hache et l'arc. Il savait diriger sa troupe et son cheval savait se faire écouter des autres montures, car au Rohan, un commandant ne commande pas seul, sa monture le fait aussi. C'est l'union de l'homme et du cheval qui rend la cavalerie d'Eorl si redoutable sur un champ de bataille.

Il écoutait donc ses jeunes gens, certains étaient à peine plus vieux que son fils ainé, ils étaient beaux, ils étaient fiers. Leurs armes étaient lustrées, leurs lances affutées, leurs arcs huilés, prêt à être bandés pour massacrés ses orcs qui profanaient leurs terres depuis plusieurs semaines. Au Rohan, chaque province avait son Eored, mais certaines allaient à travers les plaies fertiles de cette terre pour prêter main forte, rendre compte, ou protéger les frontières. Leur mission était claire, retrouver la bande de pillards, et mettre un terme à ses agissements. Cela faisait quatre jours qu'ils avaient quitté Fort le Cor, quatre jours à chevaucher sur les traces des créatures. Quatre vingt lanciers, quarante archers, beaucoup de nouvelles recrues encadrées par quelques soldats aguerris, et lui qui commandait sa première mission après avoir fait leurs classes à ces jeunes gens.

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Les tours de gardes avaient été distribués, il avait pris les premiers. Depuis le temps qu'il parcourait ses terres, il avait appris à ne pas y dormir, à ne pas s'y reposer, et la crainte de perdre ses gamins le rendait plus vigilant que jamais. Ils avaient des parents, des frères des sœurs qui les attendaient, peut être des femmes même et des enfants. Lui en avaient, et il devait rentrer. Alors assis devant le feu qui crépite, il guette, il écoute. Il regarde les montures protégées par le cercle des tentes, il regarde la lune, puis la plaine qui s'étend aux pieds de la forêt.

Fangorn ronronne dans son dos. Il connaît trop bien les histoires que l'on raconte sur la forêt maudite, on les racontait déjà alors qu'il n'était qu'un enfant. Les arbres ici parlent, bougent et les gens qui entrent dans la forêt ne peuvent pas toujours en sortir, certains disparaissent. Et les orcs doivent également connaître ses légendes, car leurs traces montrent bien à quel point ils évitent de s'y aventurer. A moins que ce ne soit qu'une forme d'instinct animal qui les pousse à la contourner. Peu importe. Demain, les viles créatures de Morgoth seront au bout de leurs lances, ils ne sont plus si loin, ils vont tomber dans la fange d'où ils sont sortis, ils ne méritent guère plus.


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Le vent est doux sur le visage de l'homme, il observe ses lanciers en factions sur la crête au loin, ils discutent, quand ils rentreront il leur passera un savon, ce n'est pas comme ça qu'on protège ses frères d'armes, mais la nuit est douce, elle caresse les herbes dans des bruissements suaves, et il comprend que dans le silence reposant des heures sombres ses jeunes hommes discutent pour combattre la solitude. Bien assez tôt ils seront à quel point la solitude peut être tout ce qui leur reste.

Elle l'a rejoint, elle s'est assise à côté de lui. La seule femme de son Eored, une jolie gamine, elle a à peine vingt ans, des cheveux d'or comme les toits de Meduseld, elle a le regard acier de ceux qui vient par leur lame, mais lui parle avec la douceur de la femme aimante. Elle demande l'autorisation de se joindre à lui, il accepte sortant de ses rêveries, elle lui offre de l'hydromel, il accepte et en prend une gorgée. Elle discute comme les hommes à la guerre, elle parle de combats, de stratégie, de manœuvres, il l'écoute amusé, elle lui sourit. Elle est séduisante cette petite, mais il la regarde comme un père regarde sa fille. Ce n'est pas ce qu'elle cherche bien évidemment, mais c'est tout ce qu'elle peut espérer, se rend elle compte qu'elle n'aura jamais plus ? Elle lui sert encore de l'alcool, pourquoi accepte t il alors qu'il est de faction ? Elle s'approche de lui, lascive, il ignore ses avances, mais il commence à avoir chaud.

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Il a trop bu, elle l'a trop tenté, il n'a pas entendu le bruit dans les hautes herbes, ou alors il l'a entendu trop tard, il n'a pas vue les vigies désarçonnées, il juste entendu le grognement, vue la mâchoire s'ouvrir et se refermer sur lui, il n'a eu que le temps d'hurler. Ses hommes sont sortis en armes très vite, les chevaux ont henni de colère, personne dans ses rangs n'a peur, ils sont bien entrainés, ils sont forts et savent se battre, son destrier est venu frapper de ses sabots le ouarg qui l'a saisi, il est venu le sauver, le délivrer de la mortelle emprise des mâchoires. Elle a eu moins de chance, le coup pour elle a été plus fort, beaucoup plus puissant, elle n'est pas encore morte, mais bientôt elle ira rejoindre ses glorieux aïeux.

La meute n'est pas nombreuse, et l'effet de surprise ne lui profite pas longtemps. Les plus aguerris des eorlingas sont déjà à cru sur leurs montures la lance à la main, les archers déjà abattent à vue les loups, la lumière de l'astre de la nuit les aide, les éclaire. Ils abattent leurs adversaire les ouargs tombent, ils tombent tous. Lui, entre les sabots de son cheval observe la scène, le destrier protège son cavalier c'est son devoir, il le sait bien, il le connaît, il mourra pour lui s'il le faut. Ça ne sera pas nécessaire.


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Le jour se lève sur le camp dévasté. Les hommes cherchent les disparus, comptent les blessés, enveloppent les morts. Ethelhelm est posé sur Deorwine, il survivra à l'attaque, sa cote de maille lui a sauvé la vie. Son Eored ne comprend pas que leur capitaine n'ai pas vue l'attaque venir, mais les rumeurs grondent, le corps d'Elfeld, la jeune guerrière est à côté du sien. Elle est à peine consciente. Les hommes remballent le camp. Ils abandonnent la chasse, ils rentrent à Fort le Cor, le bastion n'est pas loin et nombreux ont besoin de soin. Huit chevaux sont morts, douze hommes les ont accompagné. Pour tous il n'y a qu'un seul responsable. Mais la mourante les supplie tous. Elle leur promet qu'elle est la seule responsable, que si elle n'avait pas parler au capitaine, jamais les loups ne les auraient surpris, elle leur conjure de la croire de ne pas jeter le discrédit sur leur capitaine, celui qui leur a donné les moyens de vaincre cette attaque. Elle meurt, les larmes aux yeux, Ils décident de respecter sa dernière volonté.


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