Chapitres d'Estel -> Chartes & guides -> Aide de jeu : Au sujet de la magia
 
Telumehtar
Le chat-machine

Messages : 6423
Message Posté le: 1/12/2008 à 19:16    Sujet du message : Aide de jeu : Au sujet de la magia
Citer
 

Magia en Terre du Milieu

I - Origine

La magia présente dans le monde de la Terre du Milieu n’a qu’une seule origine connue ; le Chant d’Eru Illuvatar. Ce chant rythmé par la musique des Ainur a donné naissance à toute chose, vivante ou non et défini les frontières de l’existence. L’existence et la réalité sont donc liées non seulement à une forme « d’expression divine », des « mots » de puissance, mais également à la manière de les « exprimer » sous une forme que l’on peut qualifier d’Art suprême : celui de la Création ou des Evênements.
L’expression de la magia pour les créatures de la Terre du Milieu et à plus forte raison d’Aman est conditionnée par la connaissance de ces mots, leur transmission et leur expression. Les eldar ont transmis ces dons inhérents à leur nature sous la forme d’écritures et de runes, des runes de pouvoir, des signes de puissance. Leur science défini la potentialité d’un être d’Arda à exploiter une forme de magia. Les elfes sont donc les seuls êtres à posséder naturellement une affinité pour la magia, même si les hommes, les nains et les serviteurs de Sauron en héritèrent à différents degrés.

II - Le pouvoir de l’esprit et du mot

"L'esprit qui pensait lumière, lourd, gris, jaune, immobile, rapide, peut aussi concevoir la magie qui peut rendre léger et capable de voler quelque chose de lourd, changer du plomb en or, et le rocher immobile en eau courante." The Monsters and the Critics - essai : des contes de fees

Quel est le chemin le plus approprié pour rendre réel le désir de la pensée, sinon de dire les mots qui forment cette pensée ? L'invocation de la magie à travers les mots se rencontre dans Le Silmarillion et Le Seigneur des Anneaux.

Felagund lutte contre Sauron en chantant des mots de puissance.
"Le chant alla crescendo, Felagund se battait, et il mettait dans ses mots la magie et la poésie de tous les Elfes." Le Silmarillion - Quenta Silmarillion - Beren et Lúthien.

Lúthien oblige Carcharoth, le loup qui garde les portes de Morgoth, à dormir. Ainsi elle et Beren peuvent pénétrer dans le Thangorodrim pour reprendre un Silmaril.
"Levant les mains, elle lui ordonna de dormir, en disant : "Ô esprit engendré par le malheur, tombe maintenant dans une nuit profonde et oublie pour un temps le lourd destin de la vie." Et Carcharoth s'écroula, comme frappé par la foudre." Le Silmarillion - Quenta Silmarillion - Beren et Lúthien.

Gandalf crée du feu pour réchauffer la compagnie.
"Ramassant un fagot, il le tint un moment; puis sur un ordre : naur an edraith ammen ! il plongea son bâton au milieu. Aussitôt jaillit un grand jet de flammes vertes et bleues, et le bois flamboya en pétillant." Le Seigneur des Anneaux - La Communauté de l'Anneau - L'Anneau prend la route du sud.

Gandalf invoque des mots de Commandement pendant son combat contre le Balrog dans le tombeau de Balin."Puis quelque chose entra dans la pièce - je le sens à travers la porte - et les Orques eux-mêmes furent effrayés et devinrent silencieux. Le nouvel arrivant s'empara de l'anneau de fer, et alors il perçut une présence ainsi que le sort que j'avais jeté sur la porte. Ce qu'il était, je ne pus le deviner, mais jamais je n'avais senti pareil défi. Le contre-sort était terrible. Il faillit me briser. Un instant, la porte échappa à mon emprise et commença à s'ouvrir ! Il me fallut prononcer un mot de Commandement. L'effort se révéla trop grand." Le Seigneur des Anneaux - La Communauté de l'Anneau - Le pont de Khazad-dûm.

Aragorn soigne Faramir, Éowyn et Merry, en prononçant leur nom et les appelant à l'aide des vertus guérissantes de l'Athelas.
"Aragorn posa sa main sur la tête de Merry, et, la passant doucement parmi les boucles brunes, il toucha les paupières, l'appelant par son nom. Et quand la fragrance de l'Athelas se répandit dans la pièce telle la senteur des vergers et de la bruyère à la lumière du soleil plein d'abeilles, Merry se réveillé soudain et dit : "J'ai faim. Quelle heure est-il ?"" Le Seigneur des Anneaux - Le retour du Roi - Les maisons de Guérison.

L'erreur de Gimli, demandant à Legolas de faire attention à Gandalf dans la forêt de Fangorn.
"Ton arc, Legolas ! Bande-le ! Prépare-toi ! C'est Saroumane. Ne le laisse pas parler ou nous jeter un sort ! Tire avant." Le Seigneur des Anneaux - Les Deux Tours - Le cavalier blanc.

III - La magie elfique

"[la magie elfique] est un Art, libéré pour beaucoup de ses limites humaines, plus facile, plus rapide, plus complète (produit et vision, dans une correspondance parfaite) Et son but est l'Art, non le Pouvoir, la création, non la domination ou une réforme tyrannique de la création... L'Ennemi est toujours "naturellement" en rapport avec la pure domination, tout comme le Seigneur de la magie et des machines..." Letters of J.R.R. Tolkien n°131

Cette description implique une aptitude que les races mortelles de Terre du Milieu n'ont, n'auront, et ne pourront obtenir, parce qu'elle "dépasse les limites humaines" (à ne pas lire en tant qu'étude ou technologie). Cela implique un pouvoir qui est plus facile dans les créations de choses. Facile signifie sans l'utilisation d'outils, ou d'engins extérieurs. La source est à l'intérieur des elfes eux-mêmes, pas externe, et elle est beaucoup plus que sagesse et traditions.

La magie stimule aussi le processus entre la conception de la pensée et l'effet obtenu.
Le mobile basique pour la magia - mis à part toutes les considérations philosophiques de comment cela pourrait-il marcher - est l'immédiateté : vitesse, baisse du travail, et aussi réduction au minimum (point de disparition) de l'intervalle entre l'idée ou le désir et son effet ou résultat." Letters of J.R.R. Tolkien n°155

La bonne magia est censée être artistique dans le but de créer ou de faire persévérer la beauté, contrairement à la mauvaise magia, qui est utilisée comme "fourberie" ou pour dominer les désirs des autres. Tolkien explique les différences de type et de motivation de la magie dans une autre de ses lettres :

"Mais je suppose que, dans l'optique du conte, d'aucuns diraient qu'il y a une distinction latente comme celle entre "magia" et "goetia". Galadriel parle des "fourberies de l'Ennemi". Bien, mais la magia peut avoir été considérée comme bonne (per se), et la goetia mauvaise. Ni l'une ni l'autre n'est dans cette histoire bonne ou mauvaise (per se) sauf dans leur mobile ou leur but. Chacun utilise les deux, mais pour des buts différents. Le motif le plus mauvais est la domination des autres "esprits libres". Les opérations de l'Ennemi ne sont en aucun cas toutes des fourberies gothiques, mais de la magie qui donne des effets réels dans le monde physique. Il utilise sa magia pour forcer choses et personnes, et sa goetia pour terrifier et subjuguer. Les Elfes et Gandalf usent (avec modération) leur magia : une magia qui produit des effets réels (comme mettre le feu à des brindilles mouillées) dans certains buts salutaires. Les effets gothiques sont entièrement artistiques et n'ont pas l'intention de tromper : ils ne trompent jamais les Elfes (mais peuvent abuser ou étonner les Hommes ignorants) car la différence pour eux est aussi claire que pour nous celle de la fiction, la peinture, la sculpture... et la vie." Letters of J.R.R. Tolkien n°155

IV - Les traditions magiques

Tolkien affirmait explicitement que la magie peut être utilisée uniquement par des individus qui ont un pouvoir inhérent. La magie tenait compte de la création instantanée de l'effet par la pensée. Les traditions, d'autre part, sont des connaissances qui avancent en étudiant pour être utilisées pour la création des objets comme des armes, des heaumes, des anneaux... Les traditions peuvent être comparées à la technologie et à une compréhension du fonctionnement de la nature. Tolkien compare cette forme de magie à la technologie dans une de ses lettres.

"La branche particulière des Hauts-Elfes, les Noldor, ou Maîtres des Traditions, est toujours du côté de "la science et de la technologie", comme nous devrions l'appeler : ils veulent avoir le savoir que Sauron a vraiment eu [ ... ] Le désir "particulier" des Elfes d'Eregion - une allégorie de l'amour des machines et des dispositifs techniques, si vous voulez - est aussi symbolisé par leur amitié avec les Nains de la Moria." Letters of J.R.R. Tolkien n°153.

V - Les Istari

Les Istari, bien sûr, peuvent aussi utiliser la magie, mais ils ne forment pas une race. Ils n'étaient pas non plus destinés à être vus comme des magiciens traditionnels. Tolkien affirma qu'il n'y avait malheureusement pas de mot approprié qui signifie clairement son intention, et qu'il se fixa plus ou moins sur le mot "magicien", comme étant le plus proche. Il subsitait toujours des différences entre sa pensée et le mot qu'il avait choisi.
Il y avait un total de cinq Istari qui vinrent en tant que messagers de Valinor pour aider les races de Terre du Milieu à résister à la domination de Sauron. Ils sont des Maiar, des puissances angéliques d'un ordre moindre que les Valar, mais "habillés d'un corps comme des hommes", et sujets aux soucis et effets de la Terre du Milieu. Etant changés en Istari, leur pouvoir inhérent est utilisé comme magie, mais d'une manière restrictive ; il leur était interdit d'utiliser leurs pouvoirs ouvertement en confrontation directe pour dominer.

Comment les Magiciens utilisaient exactement la magie est une spéculation, mais il peut être donné comme argument que leur bâton sont des intermédiaires pour que leur puissance inhérente soit utilisée comme magie. Considérons les passages suivants où Gandalf utilise son bâton...

"De la main gauche, il élevait son bâton brillotant, dont la lueur ne révélait le juste que juste devant ses pieds; de la droite il tenait son épée Glamdring." Le Seigneur des Anneaux - La Communauté de l'Anneau - Un voyage dans l'obscurité

"Il leva son bâton et la hache de Gimli sauta de son poing et tomba en sonnant sur le sol. L'épée d'Aragorn, dnas sa main raidie et immobile, flamboya d'un feu soudain. Legolas poussa un grand cri et tira une flèche haut dans l'air : elle disparut dans un éclat de flammes." Le Seigneur des Anneaux - Les Deux Tours - Le Cavalier Blanc

"Il leva son bâton, il y eut un roulement de tonnerre. Le soleil fut effacé aux fenêtres de l'est ; toute la salle devint noire comme la nuit. Le feu s'évanouit en cendres. Seule resta visible la silhouette de Gandalf, haute et blanche devant l'âtre noirci. Ils entendirent dans l'obscurité le sifflement de la voix de Langue de Serpent: "Ne vous avais-je pas conseillé, Seigneur, d'interdire son bâton ? Cet idiot d'Hama nous a trahis !" Il y eut un éclair, comme si la foudre avait fendu la voûte. Puis tout fut silencieux. Langue de Serpent tomba, face contre terre." Le Seigneur des Anneaux - Les Deux Tours - Le Roi du Château d'Or

Considérons aussi la traduction de Tolkien du nom "Gandalf"...

"Gandalf est un transposition en anglais, du même ordre que celles opérées pour les noms des Hobbits ou des Nains. Le nom existe réellement en Vieux Norrois ( c'est celui d'un Nain dans le Voluspá ) et je l'ai utilisé car il m'a paru contenir le radical GANDR-, un bâton, et singulièrement, un bâton du type de ceux qui ont un usage "magique", d'où Gandalf que l'on pourrait traduire : "Créature elfique au bâton (magique)"" Contes et légendes Inachevées - Troisième Age - Des Istari

Il apparaissait alors que les bâtons des Istari sont nécessaires pour leur capacité à utiliser la magie. Ce n'est pas que les bâtons soient magiques en eux mêmes, mais un engin par lequel leur magie se manifesterait. Comme dit plus haut, les elfes et les maiar (Gandalf en était un) possédaient le pouvoir inhérent requis pour la magie. Mais dans le cas des Istari, un bâton sert à la fois comme symbole d'appartenance à leur ordre, et comme un intermédiaire. Il en effet ainsi comme cela est démontré par Gandalf lorsqu'il brise le bâton de Saroumane, et le chasse de l'ordre des Istari, ce qui déchoit Saroumane de tous ses pouvoirs. Ceci est confirmé par Frodon lors de la dernière rencontre avec Saroumane.

"Saroumane se redressa de toute sa hauteur et leur jeta un regard menaçant de ses yeux noirs."Mais ne vous imaginez pas qu'en perdant mes biens, j'ai perdu tout mon pouvoir" [...] Les Hobbits reculèrent. Mais Frodon dit : "Ne le croyez pas ! Il a perdu tout pouvoir, sauf sa voix qui peut encore vous intimider et vous tromper, si vous le laissez faire."" Le Seigneur des Anneaux - Le Retour du Roi - Le nettoyage de la Comté.

Nombre & hiérarchie :

Saroumane et Radagast furent mandés par Aulë et Yavanna. Cinq Istari seulement sont détaillés, ou même énumérés dans l'oeuvre de J.R.R. Tolkien, mais parfois il est évoqué que plusieurs autres partirent aussi avec eux. On dit d'eux :

"Il est aussi dit, Curunír, le plus vieux, passait en premier, puis Mithrandir et Radagast. Il y eu d'autres Istari qui restèrent a l'Est de la Terre du Milieu et qui n'entrent pas dans ce récit" Contes et Légendes Inachevées.

On peut alors se douter qu'il s'agit des Ithryn Luin, qui allèrent a l'Est avec Curunír (Curumo, Saroumane), mais si Curunír est mentionné, les Ithryn Luin (Alatar et Pallando) devraient y être aussi. Connaître l'époque où ce récit se situe nous aiderait, ainsi que la connaissance des déplacements de ces deux mages, on peut en conclure qu'à cet époque, ils avaient déjà été perdus de tout écrit. Si nous continuons sur notre jetée, les Istari sont au nombre de cinq, le même nombre que ceux qui sont connus, mais d'autres écrits contredisent :

"De cet Ordre on en ignore le nombre, mais ils étaient cinq de leurs chefs qui vinrent au Nord de la Terre du Milieu" Contes et Légendes Inachevées.

Donc, il y a plus de cinq Istari, dont cinq importants qui furent reconnus en Terre du Milieu. Des autres, nous ne savons rien.

Dans l'ordre hiérarchique de Valinor vint en premier Saroumane, mais la remarque de Varda laisse croire que Gandalf est plus haut place dans son estime, ce qui ne fait pas changer le classement de Saroumane comme chef et plus haut place, considérons-le donc comme premier. Ensuite fut choisi Alatar, mais Gandalf lui semble supérieur encore une fois, de part le fait qu'il passe toujours après Saroumane et que nous perdîmes trace des Ithryn Luin, pourtant il est dit qu'il vint comme troisième. En quatrième vint Radagast, bien moins important que ses prédécesseurs. Ensuite arriva Pallando, le dernier et second des Ithryn Luin, qui disparurent tôt après leur arrivée en Terre du Milieu.

Donc d'après ceci on peut en conclure ce classement :

1. Saroumane,
2. Alatar,
3. Gandalf,
4. Radagast,
5. Pallando.


Pourtant, Gandalf n'a pas une place bien précise dans cette hiérarchie, car personne ne l'a situé par rapport à Alatar, il est seulement dit qu'il ne part pas en tant que troisième, et il considère Saroumane comme étant son chef, donc il lui revient normalement la deuxième place, bien qu'il soit probablement ex-aequo avec un des deux plus hauts places, chose sûre, il revient aux Havre Gris en tant que premier, étant le seul qui réussit sa mission.

Pourtant un tout autre ordre est assigné pour l'arrivée en Terre du Milieu, vînt d'abord et comme toujours Saroumane, suivit des Ithryn Luin et de Radagast, et seulement à la fin apparût Gandalf :

1. Saroumane,
2. Alatar,
3. Pallando,
4. Radagast,
5. Gandalf.
Saroumane


Curumo

Curumo à l'origine, il reçu le nom de Saroumane en Terre du Milieu, et les orques le nommèrent Sharcoux, ce qui dans leur langage signifie "Vieil Homme", un titre peu somptueux. Il se nommait parmi les eldar, Curunír, Maître des Stratagèmes, qui fut un titre on ne peu plus justifié par maintes trahisons :
"Le premier qui arriva avait grande allure et un noble maintien, les cheveux de jais et la voix très suave et tous, ils le tinrent, même les Eldar, comme étant le premier de son Ordre" Contes et Légendes Inachevées.

Malgré son aspect de sagesse et de retenue, Saroumane fut pris dans les rets de Sauron, ou plutôt de l'Unique. Et plus le désir de pouvoir se fit sentir en son être, plus son arrogance et ses noirs desseins se firent sentir, comme sa répugnance envers certains membres de son ordre, comme le rapporte Gandalf au conseil d'Elrond :
"«Radagast le Brun !» s'esclaffa Saroumane, et il ne cachait plus son mépris «Radagast l'Oiseleur ! Radagast le Simplet ! Radagast le Niais ! Et pourtant il a eu juste l'esprit de jouer le rôle que je lui ai assigné !»" La Communauté de l'Anneau.

On apprend aussi que Saroumane dut se faire prier pour accepter Radagast avec lui, déjà à l'origine il y avait une répulsion entre les deux personnages, et Saroumane qui fut choisi par Aulë eut la main forcée par celui-ci pour qu'il accepte l'émissaire de Yavanna, son épouse :
Et Curunír Lân, Saroumane le Blanc, trahit sa haute mission, et se fit plein de superbe et d'arrogance et avide de pouvoir, et chercha a imposer par la force sa propre volonté a Sauron ; mais il fût pris dans les rets de cet esprit ténébreux plus puissant que lui" Contes et Légendes Inachevées.

Il s'établit à Isengard, dans le tour d'Orthanc, y ramassa objets de pouvoir chercha à dominer les hommes. Ils s'allia avec les orques et créa les Huruk-haï et il poussa son envie de pouvoir a l'extrême. Saroumane chercha a gagner l'Unique, et il se mit au-travers de la mission des Porteurs de l'Anneau maintes fois. Et il connut la mort, trahi lui-même par l'un de ses serviteurs, et contrairement à Gandalf il ne put regagner les Havres Gris, ni revenir parmi les vivants. Pourtant, même en figurant en temps que Maïa, Saroumane ne pourra revenir à la vie, car les Seigneurs de l'Ouest lui ont donné l'interdit. Voici donc ce qui se passa a sa mort, et comment les Vents de Manwë lui empècherent de retourner aux Havres-Gris :
"Une brume grise s'amassa autour du corps de Saroumane, elle s'éleva lentement à une grande hauteur comme la fumée d'un feu et, sous la forme d'un corps enveloppé d'un linceul, s'estompa par dessus la Colline. Elle flottat un moment, tournée vers l'Ouest; mais de là vint un vent froid, elle s'infléchit et, sur un soupir, se résorbat en néant" Le Retour du Roi.

Ainsi finirent les jours de Saroumane et fut scellé le destin de ce traître.

Radagast

De son nom initial, Aiwendil, il reçu par les Númenoréens le nom de Radagast, signifiant Epris des betes, ce qui fut réellement son destin. Ensuite, avec les Ithryn Luin, en portant un habit couleur de la terre. Suivant Saroumane, Radagast était l'envoyé de Yavanna. Pourtant, les traits de Radagast ne suivaient pas vraiment ceux de celle-ci. Arrivé en Terre du Milieu, il se plaît a errer parmi les bêtes et s'éprend d'amour avec celles-ci, surtout les oiseaux. Avec cet amour des choses vivantes de la Terre du Milieu, il eut vite fait d'oublier sa quête, sa lutte contre Sauron. Il n'arrête cependant pas d'aider les autres Istari, il accomplit le mandat que Saroumane lui donna, chercher Gandalf. Plus tard, entendant le message de Gandalf et comprenant les noirs désirs de Saroumane, il le sauva du haut d'Orthanc, envoyant Gwaïhir le chercher, Saroumane ne se méfiant pas des bêtes. Et après nous perdons la trace de Radagast.

Les Ithryn Luin

Vinrent aussi deux habillés d'un bleu outremer dont l'histoire ne parle peu, pour ne pas dire pas du tout. On peut en apprendre tout de même dans les Contes et Légendes Inachevés, Troisième Age :
"Des deux Messagers Bleus, on ne sut pas grand-chose dans l'Ouest - de la Terre du Milieu -, et ils n'avaient d'autres noms hors Ithryn Luin, les "Mages Bleus" ; car ils se rendirent a l'Est en compagnie de Curunír, mais jamais ne revinrent ; et à ce jour, on ignore s'ils restèrent dans l'Ouest pour accomplir la mission qu'il leur avait été confiée, ou bien s'ils trouvèrent la mort, ou encore, comme le pensèrent certains, s'ils succombèrent aux machinations de Sauron, et furent par lui réduits en servitude."

Par contre nous pouvons penser plusieurs choses sur eux. Saroumane le traître aurait-il, déjà a son arrivée, commis l'acte de tuer les Ithryn Luin ? Cette hypothèse n’est pas réellement plausible, pour la seule et unique question : pourquoi ? Nous pouvons écarter cette possibilité car, à son arrivée, Saroumane n'était pas encore tel que nous le connaissons a la fin du Seigneur des Anneaux et il avait encore l'idée en tête d'accomplir sa mission auprès des Elfes et des Hommes.

Mais, si nous connaissions ce qu'Est veut dire, nous en saurions déjà plus sur les Ithryn Luin. Peut-être que l'Est évoquait les régions proche du Mordor, cette hypothèse ferait en sorte que les Ithryn Luin aurait pu contourner le Mordor par le Sud et essayer de convaincre les Haradrim de cesser d'aider le Mordor en temps de guerre. Les Contes et Légendes Inachevées révèlent qu’Alatar et Pallando ont été choisis par le Vala Oromë, et leur mission pourrait consister à explorer l'Est, non pas de la Terre du Milieu, mais au delà. Cette hypothèse peut être facilement défaite du fait que ces deux Maïar ne seraient pas comptés en tant qu'Istari s'ils n'avaient pas eu la mission de convaincre tous les peuples libres de lutter contre Sauron.
Il ne reste toutefois que ces conclusions : ils n'atteignirent (et n'atteindront) jamais le but de la lutte contre Sauron de Mordor. On ne sait s'ils sont morts, abandonnèrent leur mission ou recherchent encore à l'accomplir.

Gandalf

"Nombreux sont mes noms dans de divers pays. Je me nomme Mithrandir chez les Elfes, Tharkùn chez les nains; Olórin, je fus, dans ma jeunesse à l'Ouest dont la mémoire s'est perdue, Incánus au sud, et Gandalf au nord. À l'Est je ne vais point" Le Seigneur des Anneaux.

Olórin est de racine sindarine, et lui a certainement été légué par les Teleri qui habitent en Aman, la signification quand à elle se résume à ceci : Olor, vision, rêve, construction de l'esprit. Gandalf et Tharkûn ont une signification semblable ; Gandalf, l'Elfe au bâton et Tharkûn se traduit quant à lui, Homme au bâton, le point de vue Humain/Nain diffère que sur la race supposé de Gandalf (Olórin, Mithrandir, etc.). Mithrandir par contre est le nom qui désigne le mieux la manière d'être de cet Istari, le Gris Pèlerin. Vêtu de gris, il sème dans le coeur des Elfes et des Hommes l'espoir et leur montre la bonne voie à suivre, seul parmi les cinq Istari il continua cette quête et l'accomplit.
"Et le dernier vint, qui parut le moins considérable de tous, plus petit que les autres et plus âgé d'aspect et il avait les cheveux gris et la vêture grise, et il s'appuyait sur un bâton. Mais des leur première rencontre aux Havres Gris, Círdan devina en lui une grande sagacité et une force d'âme peu commune, et l'accueillit avec une révérence, il lui remit ensuite le troisième anneau, Narya le rouge" Contes et Légendes Inachevées.

S'il suit la mission d'Erebor dans Bilbo le Hobbit, c'est pour une raison tout autre que le trésor de la Montagne Solitaire, volé par Smaug le grand ver.
"Et les Elfes nommèrent le dernier venu Mithrandir, le gris pèlerin, car il était toujours par monts et par vaux, et n'amassa point de richesses, ni ne rassembla de gens a sa suite" Contes et Légendes Inachevées.

Les pouvoirs de Narya lui avaient certainement déjà prédit, avant même la réunion chez Bilbon, qu'il aurait une grande importance à y aller. C'est dans cette même quête que Bilbon retrouve l'Unique et la Bataille des Cinq Armées dévoile l’importance d’une alliance entre Nains, Hommes et Elfes.

Dans le Seigneur des Anneaux, sa grande participation est plus compréhensible car c'est dans cette longue aventure qu'il achève son combat contre Sauron. Encore une fois, Narya lui est utile, ses pouvoirs aiguisant ses sens lui font déclarer "Même à la toute fin Gollum peut avoir un rôle a jouer". Gandalf affronta de nombreux danger, comme le Balrog de la Moria qui le tua et lui permit de revenir. Il se ceignît du titre de Gandalf le Blanc, chassa Saroumane d'Orthanc après sa haute trahison et la bataille du Gouffre de Helm. Gandalf est resté fidèle tout au long de son séjour en Terre du Milieu, et retourne aux Havres Gris avant de partir pour les Terres Eternelles.

VI - Les Valar et les Maiar

Les Valar et les Maiar doivent être traités séparément, et en aucun cas associés à la magie de tous les jours. Les Valar sont considérés comme les "anges gardiens" de la Terre du Milieu, et les Maiar comme leurs auxiliaires, d'un ordre inférieur. Ils peuvent certainement accomplir des exploits surnaturels, mais ces compétences doivent être considérées comme "pouvoir divin" et non comme magie. Le mot "Vala" , comme indiqué dans l'index du Silmarillion, signifie "ceux qui ont le pouvoir" (les Puissants), par la magie.

Mais ça n'est pas le cas de Sauron, même s'il est un Maia. Parce qu'il s'est rabaissé lui même au rôle de tyran, et a gaspillé son pouvoir pour dominer les êtres inférieurs, il est déchu de son titre d'ange pour celui de "Seigneur Ténébreux" ou de "Nécromancien". En tant que tel, son pouvoir divin est réduit au niveau de magie. Sa participation sur la Terre du Milieu est celle de la domination constante et l'exercice de sa volonté d'assujettir et de contrôler en tant que "magie noire".




Dernière édition par Telumehtar le 2/12/2008 à 20:25; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Profil
MP
 
Phaenan
Épis de blé

Messages : 10770
Message Posté le: 2/12/2008 à 18:43    
Citer
 

Divination en la Terre du Milieu


Au sein d'un essai traitant d'un tout autre sujet, Tolkien emploie l'un de ses personnages fictifs - Pengolodh, Sage des Noldor - afin de détailler quelques limites inhérentes aux esprits. Ces quelques restrictions et lois s'appliquent à tous les esprits, sámar (notion différente de l'âme, fëa, distinction sémantique de moi), quelques soient leurs capacités ou forces. Ces restrictions font parties des únati, les lois "naturelles" imposées par Eru auxquelles même Morgoth ne pouvait s'opposer.

L'une de ces restrictions touche à la prévue, aux prédictions. Pengolodh affirme qu'aucun sáma ne saurait connaître quelque chose d'extérieur à sa propre expérience. S'il est possible aux esprits d'oublier certaines connaissances du fait de la faiblesse de la hröa - du corps - en Arda Marrie, il est à l'inverse impossible à un esprit de connaître ce qu'il n'a pas encore expérimenté, si nul ne lui en a parlé. En clair : le futur reste insaisissable pour tous les sámar. Une personne peut uniquement avoir connaissance de l'avenir par l'apport d'une autre personne, d'un autre esprit, ayant vu l'avenir. Mais, puisque les únati s'appliquent aux puissants comme aux humbles, Pengolodh affirme donc qu'un être ne peut avoir connaissance de l'avenir sans qu'Eru lui-même ne lui accorde, que cela soit spontanément, ou en réponse favorable à une prière.

Lorsqu'il n'y a pas de miracle, et donc pas d'intervention d'Eru que celle-ci soit directe ou indirecte, il ne peut donc pas y avoir de prescience dans le sens prophétie : pas de Don de prédire l'avenir.
En revanche, l'intuition, la déduction, restent évidemment possibles. Or, lorsque l'esprit se pliant au jeu de la déduction est à la fois savant et âgé de plusieurs millénaires, ces déductions peuvent devenir suffisamment exactes pour sembler venir d'une connaissance de l'avenir. C'est sans doute la raison pour laquelle les conseils de Elrond sont estimés en la Terre du Milieu, par exemple. Mais il ne s'agit guère que d'une estimation de la part d'un être, et ne saurait pas engager Eru, restant évidemment libre de ses voies.



Quelques soucis et interrogations pointant leur museau :

  • Miroir de Galadriel :
    Le Miroir peut dévoiler des faits passés comme futurs. Parfois car Galadriel y projette une image mentale (via goetia >_>) y reproduisant ce qu'elle désire. D'autres fois, le Miroir dévoile des visions sans que Galadriel elle-même ne les projette. Il n'y a pas vraiment de réponse à ce sujet, du moins cela reste-t'il un mystère à ma connaissance.
    Mais Galadriel est une Noldo de la troisième génération, et il ne semble pas fou de lui accorder la capacité à prévoir / déduire (et non prédire / connaître) ce que l'avenir réservera. De même, les versions les plus récentes de son histoire - postérieures au SdA - la lavent de pas mal de tords et la libèrent du bannissement dont elle parle dans le SdA, faisant d'elle à la fois une Elda ancienne et relativement peu entachée ; là encore il ne semble pas affolant d'imaginer que des visions soient parfois transmises à son miroir, soit par Eru, soit par l'un des Ainur ayant conversé avec Eru du sujet de la vision.
  • Diverses prophéties :
    Celles de Mandos étant célèbres, et pouvant être balayées d'un revers de la couette gauche. Laissons les Valar être capables de causer régulièrement avec Eru, ou d'être parfois inspirés par lui, ce qui arrive de toutes façons sans doute.
    Mais nous avons aussi Malbeth, moins connu mais tout autant prophète. Dúnadan de l'Arthedain, il prédit à Araphant que son fils Averdui serait le dernier Roi de sa lignée, et donna ainsi son nom ("Dernier Roi") à l'enfant. Il vit aussi qu'Aragorn, plus de mille ans plus tard, devrait emprunter les Chemins des Morts à la Pierre d'Erech, ainsi qu'il est rappelé dans le SdA par les fils d'Elrond : « Du Nord, il viendra, la nécessité l'amènera : il franchira la Porte des Chemins des Morts. »
    Les deux sujets sont graves, et si l'on peut douter pour le premier, le second tombe clairement dans la voyance. Malbeth était donc clairement branché sur Eru FM, ou du moins recevait-il de temps en temps des flashs infos assez précis. Mais son cas est particulièrement unique. Du moins, je ne serais pas capable de me souvenir d'un autre Homme balançant des prophéties chez Tolkien. En Elfe, nous avons peut-être la tirade de Glorfindel face au Roi-Sorcier, mais c'est là encore un être affreusement ancien, de très bonne lignée, et dans une situation exceptionnelle...
  • Amilessi apacenyë :
    Les noms de prévue, qui furent parfois donnés par les mères Eldar lors de la naissance d'un enfant. Non pas les amilessi tercenyë données lorsque la mère décrit le caractère intime qu'elle ressent chez son enfant, ce qui retombe dans le cadre de l'expérience et de la déduction. Mais bel et bien les amilessi apacenyë, matronymes de prévue que pouvaient donner les mères Noldor (pas d'exemples chez d'autres Eldar ; Vanyar probables, Sindar va savoar) dans les Jours Anciens. (là encore, pas d'exemples après le Premier Age)
    Ils sont à la fois rares, n'apparaissent que chez les Noldor, n'apparaissent pas du tout à chaque naissance, et l'un dans l'autre ne courent pas les rues. Puisque Tolkien fait clairement la distinction entre ces matronymes de "prévue" et ceux de "déduction", nous sommes bien obligés de la faire nous aussi et de considérer que les premiers tombent dans la prescience et sont réellement visionnaires. Mais Eru ne se penche clairement pas sur tous les berceaux, et ni toutes les Noldor, ni toutes les Eldar, ne sont voyantes un court instant après une naissance. (Fëanáro étant un amilessi tercenyë, et non un amilessi apacenyë)





Références :
- J.R.R. Tolkien, Ósanwe kenta, Vinyar Tengwar n°39, pour la divination
- Moi, sur Malbeth, les matronymes, et le miroir





Lexique rapide :

Rappels des mots barbares utilisés pour faire staïle, ou pour faire précis, au choix :

  • Únat (pl. únati)
    Quenya.
    " Chose impossible à effectuer ", avec le ú- initial donnant une note néfaste à l'ensemble. Genre úmaiar, "esprits maléfiques". Somme toute, quelque chose que nul ne peut réaliser, et qu'il serait de toutes façons foncièrement mauvais de réaliser.
  • Sáma (pl. sámar)
    Quenya.
    L'esprit, non pas dans le sens "essence vitale" ou autre, mais dans à comprendre comme le siège de la pensée.
  • Fëa (pl. fëar)
    Quenya.
    Esprit, dans le sens "âme", classique.
  • Hröa (pl. hröar)
    Quenya.
    "Presque équivalent au corps", dixit Tolkien. Un classique aussi.
  • Amilessë (pl. amilessi)
    Quenya.
    Amillë (mère) + essë (nom)
    Matronymes, "noms donnés par la mère".
  • Tercenya (pl. tercenyë)
    Quenya.
    Epithète pour tercen. ("perception")
  • Apacenya (pl. apacenyë)
    Quenya.
    Epithète pour apacen. ("prévue")
  • Goetia
    Cf. l'article de Telumehtar sur la magie, ci-dessus. ^^'


.

__________

« Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »

Image


Revenir en haut de page
Profil
MP
 
    Chapitres d'Estel -> Chartes & guides Sujet précédent :: sujet suivant