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Rayyan
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Message Posté le: 24/11/2008 à 13:22    Sujet du message : [Récit] Une ombre
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L’homme est assis devant la une bière à la table de l’auberge. La traversée des Terres Solitaires s’est une fois de plus faite sans encombre malgré les gobelins, les ouargs et orcs qui hantent ces terres. Il faut dire que la collection de laisser passer qu’il possède sous sa cape lui permet de voyager avec une certaine sécurité sur les terres d’Eriador. La plus part sont des faux, mais dans sa branche, il est bon d’avoir quelques relations bien placées et il en a. Il en a beaucoup même. Sa cape trempée par l’orage qui fait grincer le toit au dessus de sa tête ne quitte pas ses épaules. Sa capuche couvre son visage ne laissant voire que le bout de son nez. Les flammes dansantes de la cheminée ne montrent jamais plus qu’un bouc noir comme l’ébène parsemé de poils blancs comme la neige. Il parle d’un ton calme, posé, sa voix grave est à peine perceptible mais pourtant, qui l’écoute, la trouvera parfaitement intelligible.

« Je suis né la même année que Boromir, le grand guerrier de Minas Tirith. Lorsque son père devenait intendant régnant du Gondor, je tuais mon premier homme. C’était un accident pour tout vous dire, un misérable accident, mais alors que le corps gisait à mes pieds, je ne tremblais pas, je ne fuyais pas, je ne vous dirais pas que ma nuit après fut douce, mais je l’ai assez bien vécu. Je venais de voler une pomme chez un marchand, il m’avait suivi et alors que j’étais monté sur un toit terrasse de la cité blanche, il dérapé en me suivant et est tombé le crâne le premier. Je crois qu’il est mort sur le coup. »

Il regarde son interlocutrice, une jeune serveuse assoiffée d’histoires et d’aventures qui ne peut quitter son trou perdu au milieu de nulle part. Il finit sa bière et s’en fait servir une autre.

« Bien sur je me suis fais attraper et arrêter. On m’a relâché c’est passé pour un accident. Ainsi j’ai appris que tuer n’était pas puni. En plus le marchand avait une femme qui avait un amant et qui trop content de récupérer le pactole du gros bonhomme me remerciait avec de l’argent. J’apprenais ainsi que tuer était payant. Mais à cette époque, je n’en avais pas encore fait un moyen de subsister. »

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Il relève légèrement la tête ce qui laisse apparaître son menton. Aux mouvements de sa peau, on devine qu’il sourit, mais son visage reste toujours invisible.

« Jusqu’à l’âge de 10 ans je multipliais les petits larcins. Je profitais de la grandeur de mes parents dans la cité, de l’amour immodéré de ma mère pour moi, et de mon visage d’ange pour laisser libre court à mes excès de petits voleurs sans trop être inquiété. Ce jeu me permettait de toujours augmenter la difficulté, devoir entrer chez les gens et en disparaitre, devenir invisible, être un mioche des rues avec les autres, mais aussi un jeune homme de bonne famille au bon moment. Avec les gamins, j’apprenais leur code, leurs gestes, leurs combines, et je me distinguais rapidement comme étant un des meilleur des leurs pour chaparder, détrousser, mes mains prélevaient une bourse comme de le dire. Pendant ce temps, mes parents payaient des enseignants une fortune pour m’enseigner le sindarin, la géométrie, et alors que j’apprenais avec entrain, je laissais croire à mes professeurs que je n’entendais rien à rien. Grand consommateur de livres, je passais mon temps dans la bibliothèque paternelle qui bien sur m’était interdite. Il est évident que dans le cas contraire je n’y serais même pas entré. »

Il prend une gorgée de son verre, il respire un instant. La jeune femme séduite boit ses paroles. Elle est rejointe par un second auditeur.

« A l’âge de 10 ans, devant ma faible réaction à l’apprentissage des arts, mon père décida au grand damne de ma mère de me mettre au métier des armes. Figurez-vous ma chère que mes parents étaient des « sangs purs » enfin c’est ainsi qu’ils se définissaient. Bref, faisant parti de la noblesse gondorienne, j’avais droit à un entrainement avec des enfants de ma « qualité». Il sourit à cette évocation. « Des enfants gras, stupides, persuadés de leur bienséance et de leur domination qui venaient à l’exercice dans de beaux pourpoints avec les écussons de leur famille brodés en dorés et qui menaçaient le maitre d’arme de la puissance génitrice à chaque fois qu’ils prenaient un mauvais coup. Et la plus part en prenaient des mauvais coups tellement ils étaient incapables de se battre. Moi, je restais dans mon coin et faisait mes exercices, et le maitre d’arme remarqua ma discrétion. Il finit par m’approcher et me proposa un entraînement avec les cadets, avec les hommes de troupes. J’acceptais avec plaisir, il en faisait notre secret, là j’apprenais le vrai métier des armes. Cet homme passait plus de temps avec moi que mon propre père. Il m’apprenait à manier l’épée, la dague, le bâton, l’arc. Ce nouveau jeu me plaisait au plus haut point et j’y excellais. Mais cela restait notre secret à lui et moi. Je m’entrainais avec les nobles deux heures tous les matins, puis je passais mes après midi avec les gardes à apprendre à tuer, à me battre et à survivre. Le soir je gambadais en aillons dans les rues. J’espionnais, je chapardais jusqu’au jour où je m’attaquais à qui il ne fallait pas, j’avais alors 12 ans. »

L’homme marque une pose dans son récit, il se lève sans exprimer la moindre menace, le visage toujours dissimulé par sa capuche, il se tourne vers la cheminée. La température baisse dehors au fur et à mesure que la nuit tombe, l’humidité de la pièce s’élève. Il passe ses mains au dessus des flammes.

« A l’âge de 12 ans, donc je tentais un coup passionnant. Un riche marchand venait de recevoir un objet ancien, une relique de Numénor pour sa collection privée et personne ne l’avait vue. Bien sur je voulais la voire. Je dis bien la voire et non pas l’avoir. Je m’infiltrais donc chez lui avec tout le talent que j’avais pu développer ces dernières années. A ma grande surprise il avait des gardes armés dans sa propriété. Finalement je parvenais sans trop d’efforts à rejoindre son musée personnel. Je n’avais jamais rien vue de pareil, des armes, des artefacts, des objets de toute beauté qui me rappelaient ce que j’avais pu lire dans la bibliothèque paternelle. Mais alors que le but de ma convoitise était à porté de main, le propriétaire me tombait dessus. Ses gardes en première ligne, je pris peur et saisis une épée qui trônait là. Les gardes riaient, l’épée était trop lourde pour moi, j’avais du mal à la porter, mais lorsque le premier vint sur moi pour me désarmer, je le tuais sans sourciller. Le propriétaire en fut surpris. Ainsi je tuais pour la deuxième fois. Loin de me faire tuer, le marchand me proposait du travail. Je devais lui rendre un service qui ferait qu’il oublierait mon larcin et n’en parlerait à personne. J’acceptais trop content que mes activités nocturnes demeurent un secret, mon secret. Quelques jours plus tard un de ses hommes me trouvait et m’indiquait quel était le travail. Je devais éliminer un de ses concurrents. Peu importait le comment, il fallait juste respecter un quand. J’avais trois jours. Le deuxième, une dague que j’avais volée à un homme dans la rue était enfoncée dans le dos de ma cible. Finalement ce fut assez facile, je restais là planté dans son dos, sentant la vie qui le quittait, sentant son souffle s’éteindre. Il partait et la sensation était agréable, oui j’ai appris à aimer tuer. »

Avec sa botte il remue les buches puis prend le soufflet et attise les braises. Il jette un regard à son auditoire.

« Quelle ne fut pas ma surprise de ne pas être inquiété de ce que j’avais fait et de dormir du sommeil du juste le lendemain. Je décidais alors de me spécialiser dans cet art. La bibliothèque de mon père était de plus en plus passionnante. Des livres de médecine, sur les plantes, l’anatomie, j’y trouvais de tout. Savez-vous jeune fille les poisons incroyables qu’on peut faire avec des plantes médicinales ? Prenez par exemple l’Athelas. Les feuilles en bouillies font une pommade cicatrisante et désinfectante, mais les racines en poudres sont mortelles à toutes petites doses diluées dans de l’alcool. »

La jeune femme est bouche bée devant une telle science, complètement admirative.
Il se retourne soudainement revient sur sa chaise, la bascule en arrière pose ses pieds sur la table, sa cape glisse sur sa cuisse, dévoile une dague collée à sa jambe.

« Enfin bref, je quittais Minas Tirith à 16 ans, juste après la mort de mes parents. Il est inutile que vous sachiez comment ils sont morts, disons qu’ils n’ont pas souffert et qu’ils sont partis ensemble. Je les ai pleuré le temps de l’entrée de leurs cercueils dans le caveau familiale, c’était de circonstance, et quelque part c’était sincère. Dans les semaines qui suivaient j’étais l’enfant le plus malheureux du monde, une terrible épidémie frappait mes cousins, mes oncles et tantes et les rares qui échappaient à cette étrange maladie avaient des accidents. Bref, je me retrouvais seul. Terriblement riche mais affreusement seul. Je quittais Minas Tirith, le monde m’attendait ».

Il marque une autre pause. Prend sa choppe et la boit à moitié. Le silence s’est fait autour de lui, haletant, il savoure son effet et reprend son récit.

« J’ai quitté la Citée Blanche par le Nord. Les paysages étaient superbes par là bas. Je ne connaissais rien d’autre que Cair Andros, ce qui limitait ma perception du monde. Visiter le Rohan fut passionnant. Les cavaliers de la Marche sont des gens fabuleux. Ils sont beaux, forts, fiers, de vrais combattants, des guerriers et leur science équestre est fabuleuse. Vous êtes déjà montée avec un rohir ? »

Il regarde la serveuse en lui saisissant doucement la main.

« Au Rohan, j’ai eu les meilleurs leçons d’équitation que je pouvais espérer. J’ai également appris à tirer à l’arc en chevauchant à grande vitesse. Mais les eorlingas n’ont pas de bibliothèques. Et la lecture me manquait. Pendant deux ans je vivais sur la fortune que mes parents m’avaient laissée. Je ne me refusais rien, mais ne tuais pas pour autant. En revanche je continuais de voler de temps en temps, pour le jeu, pour ne pas perdre la main. Mais mon premier commanditaire m’a retrouvé. Finalement il était le seul à me connaître. Alors je décidais que cette erreur devait être réparée. Je reconnais que ce ne fut pas une mince à faire. Il me connaissait le bougre, savait qui j’étais, il avait suivi ma carrière. L’approche fut difficile. Je ne pouvais le faire moi-même, il m’aurait repéré de suite. Alors je trouvais un pigeon. Un garçon d’écurie pas très malin et avide m’offrait ce dont j’avais besoin. A ma demande, il blessait le cheval du fils du marchand. Ce dernier avait ainsi un grave accident lors de ses exercices habituels. Et comme un parent aux abois est bien moins prudent, mon marchand, je l’éteignais avec une flèche bien saisie dans son cœur. Un tir de maître à 200 mètres. J’achevais le gosse et le palefrenier. Pas de témoin, pas de génération vengeresse. Je pouvais repartir sur les routes. »

Il caresse la main de la serveuse, elle est séduite. Il se lève l’entraîne avec lui dans la chambre qu’il a pris. Elle le suit en gloussant doucement. Jolie, peu farouche, il la fait entrer dans la pièce.

« Finalement, ma réputation s’est faite. Alors j’ai pris plusieurs noms d’emprunts. Ainsi lorsqu’on me contact, je sais qui a donné mes références. Très pratique s’il en est. Au passage, je me fais un nom. Prenez par exemple, il y a une semaine j’étais à Bree pour affaire. Un homme m’a contacté sous un nom que j’avais donné à un mari jaloux. C’est incroyable comme les noms d’usages resservent pour des contrats de même genre. »

Il embrasse la jeune femme. Ses lèvres ont un goût de framboise, elles sont douces.
« Dommage » se dit-il alors que les vertèbres de la jeune femme tournent dans un craquement sourd. « Elle était jolie et bien faite ».

Il sort de l’auberge par la porte des cuisines. Il appelle son cheval se dirige vers le bureau de poste le plus proche.





*Monsieur, le travail est fait, merci de régler la note selon les modalités prévues, sinon vous je vous tuerais gratuitement.*

Il donne la lettre au préposé qui, alors qu’il s’en va, l’interpelle.

« Messire du courrier pour vous.»

Il se retourne, prend le parchemin et le lit.

* Vivelame,
Pourriez vous venir à Bree, j’ai un problème de Capitaine à régler *

Il brûle le parchemin et part immédiatement.

La route est aisée aujourd’hui. Il chevauche tranquillement, emprunte quelques chemins annexes. Trop de patrouilles en ce moment sur les routes autour de Bree, il ne veut pas être remarqué trop tôt ou simplement contrôlé par un garde trop zélé. Devoir tuer un soldat de Bree n’est surement pas le meilleur moyen d’arriver discrètement. Le souffle léger d’une brise estivale fait danser l’herbe aux pieds de son cheval, il regarde les rares nuages passés au-dessus de sa tête. Il franchit les collines au Sud d’Archet. De là il a une vue imprenable sur toute la région. Il prend un temps pour souffler. Sur son destrier, il regarde au loin la palissade de feuillages, les fumées sur les toits des maisons.

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Assis sur sa colline, il attend. Il sort son épée de son fourreau, et aiguise la lame lentement méthodiquement. Il va attendre la nuit pour entrer en ville, attendre la relève de la garde, non, juste avant, que le soldat en faction soit plus dans l’attente d’un bon repas et d’un plat chaud que dans le contrôle d’un homme à cheval. Un de plus, alors qu’il y a déjà des elfes et des nains pleins les rues de la ville. Le soleil commence à décliner dans le ciel quand il range sa dernière lame sous sa cape. Il remonte sur son cheval, prend une dernière bouchée du lapin qu’il mangeait puis descend vers la ville doucement, sans se presser. Le ciel annonce un orage, il accélère juste ce qu’il faut pour arriver avec la pluie. Le tonnerre gronde sur les champs quand il se présente à la porte Nord de la ville. La pluie justifie le port de la capuche, il entre en faisant un hochement de tête au garde qui n’en demande pas plus. Dans 10 minutes c’est la relève et la capitaine est partie en expédition avec ses Roseaux en Aughaire. Il fait trop froid et trop humide pour contrôler quelqu’un. Et puis les individus louchent ce n’est pas ce qui manque en ce moment en ville.

Il connaît son chemin, il est déjà venu, plusieurs fois même, la dernière fois il s’en souvient très bien c’était il y a deux ans à peine. Il avait reçu une lettre alors qu’il travaillait pour des Poings Bourrus de Kheledul, on lui demandait de régler un problème d’héritage discuté. A l’époque il était arrivé par un beau jour d’hiver, la neige était partout, et les chevaux glissaient sur les pavés qui menaient à l’auberge du Poney Fringant. Il était entré et le propriétaire, un vieux nigaud du nom de Prosper lui avait donné une chambre à l’étage avec vue sur la rue. Le soir venu son commanditaire était arrivé. C’était un homme de triste mine qui s’appelait Bill Fougeron. Il venait d’hériter d’une maison en ville et d’un cheval. Cependant son frère devait partager avec lui cet héritage et le bon Bill ne l’entendait pas ainsi.

La rencontre se fit dans la chambre de l’homme. Son visage invisible, il reçoit son client. Fougeron n’est qu’un lâche, il bégaye, apeuré par l’homme et le charisme qui émane de lui. Le chien loup à ses pieds est bien trop calme. Il expose son cas et dépose une bourse sur la table sans demander son reste. Il avait fallu deux jours à l’assassin pour trouver sa cible. Pour le tuer il s’était amusé. Le cas était facile par rapport à d’autres contrats. Dans le cas présent il l’avait suivi la première journée. Sa cible avait comme promis des habitudes bien ordonnées. Il commençait ses journées par se rendre à sa forge proche de la porte Ouest. Il y travaillait toute la matinée avant de se rendre au Poney. Là il déjeunait et faisait une sieste. L’après midi il vaquait à différentes occupations, faisait le tour des commerçants, négociait les prix à outrances pour souvent ne rien acheter. Puis il rentrait à sa forge pour travailler jusqu’à la nuit. A ce moment là il rentrait chez lui où il vivait seul. Toute la première journée il le suivait, l’observait. Il adorait cela observer les gens. Comprendre leurs habitudes, leurs peurs les faire siennes. Après toutes ces années à tuer, ce qu’il aimait le plus c’était l’observation, la planification. A la fin de la première journée, il savait comment s’y prendre et alors qu’il révisait sa journée du lendemain, il souriait.

Le lendemain le frère de Fougeron continuait ses affaires. Le midi, dans sa soupe, il y avait quelques gouttes d’un élixir spécial fait à base de fougères de la Trouée des Trolls et de jacinthes de la Vieille Forêt. Quelques heures plus tard alors qu’il reprenait son travail à la forge il fut soudainement pris de malaise et d’étourdissement. L’assassin le bouscula rien de plus, un simple accident finalement pour qui aurait assisté à la scène, mais personne ne vit rien, trop froid pour sortir à ce moment là. La victime tomba dans la forge bouillonnante. Les cendres incandescentes eurent rapidement raison de lui. Trop étourdi qu’il était pour se rendre compte qu’il brulait.

La ville n’a pas tant changé que ça si ce n’est l’incroyable diversité de personnes présentes. Désormais, des elfes, des nains et bien plus de hobbits que la dernière fois. Il évolue entre les murs passe dans les rues. Il arrive au Poney Fringant, prend sa chambre habituelle celle qui donne sur la place. Il regarde les gens vivre leur quotidien en bas, certains en armes, d’autre simple villageois. On frappe à sa porte.

« Entrez !!»

Une ombre se faufile « Vivelame vous êtes là !»

« Quel observateur » Il ne se retourne même pas « Alors parlez moi de ce problème de capitaine et parlez moi de ces Roseaux Blancs. »

L’homme s’assoie avec calme devant la table se sert un verre de vin que l’assassin s’est commandé.

« Oui, les Roseaux Blancs, une épine dans de nombreux pieds ceux là. »

« Très bien, alors je vous écoute. »

« Je ne sais pas grand chose d’eux, si ce n’est les bruits qui courent en ville. Ils ont été réunis par un homme des champs voisins et deux elfes. La Compagnie ressemblait à ses débuts plus à un groupe de chasseurs qu’autre chose. Mais d’autres personnes se sont jointes à eux, des hommes, des elfes, mais aussi des nains et des hobbits. Après quelques temps la Compagnie a été … gênante. Par un heureux hasard, le fondateur homme est mort avant qu’on ne vous appel. Alors la compagnie s’est désagrégée. Seulement les deux elfes ont redonné le flambeau à la sœur du bonhomme. Cette petite garce est aussi capitaine de la garde de Bree. Et elle est efficace dans ses deux taches. La compagnie s’est reformée, peut être plus forte qu’avant la mort de l’autre. Bref, ils recommencent à mettre leur nez dans de nombreuses affaires qui ne les concernent pas. La Compagnie est devenue militaire, organisée autour d’une poignée d’officiers fidèles à la gamine. On a bien mis des hommes dans leurs rangs, rien à faire, nos hommes ont soit tourné leur veste, soit ont été éliminés. Moralité les Roseaux Blancs sont un groupe bien organisés. Ils ont dans leurs rangs les deux capitaines de la garde de Bree, Eleane pour la garde des murs et Isobel pour la garde itinérante. Et ils sont alliés à l’ancien chef de la garde de Bree Xymox et sa compagnie. Et pour rien arrangé ils entretiennent une diplomatie active avec toutes les factions d’Eriador. Ce ne sont pas des simples mercenaires en quêtes d’aventures et d’argent. »

L’assassin écoute attentivement.

« Merci, et vous m’avez fait venir pour tuer qui ? »

Par la fenêtre il regarde dehors, il se souvient dans la foule qui rentre chez elle en cette fin de soirée. Il se souvient.

Un beau soir d’été. Trois ans plus tôt. Sa cible est devant lui, elle évolue avec souplesse dans la foule. Il la suit avec toute la distance nécessaire. Il n’en a pas pour longtemps, juste s’approcher quand elle traversera le marché. C’est qu’Edoras est très animée les jours de foire. Beaucoup de garde, beaucoup de gens. Son poignard est dans sa main, sous sa manche qu’il garde le long se son corps. Il sait qu’il peut frapper à tout moment, mais il doit penser au cri de surprise, il faut qu’il anticipe sa fuite. Elle approche des tentes dressées sur la place principale de la capitale. Quelques pas les séparent. Elle s’arrête à une boutique de tissus. Elle contemple les robes, rie avec le vendeur qui la toise du regard, arrêtant ses yeux sur les rondeurs de sa féminité. Elle est jeune, si jeune à peine une femme et le fil de sa vie qui s’étendait devant elle va bientôt être rompu. Il réfléchit un instant. Il se demande si elle mérite vraiment de mourir si tôt. Son sourire illumine la foule autour d’elle. Mais elle est condamnée quoi qu’il arrive. Son travail n’est pas de savoir si c’est juste ou pas c’est de faire, rien de plus. De toute façon sa commanditrice a été très claire, elle doit mourir dans un lieu public. « Cette petite salope me pourrit la vie depuis bien trop longtemps, elle m’a toujours coiffé au poteau sur tout, mais lui je l’aurais.» Il faut dire que la dame en question était fort jolie et elle était prête à donner de son temps et d’elle-même pour une ristourne sur les tarifs de l’assassin, mais il n’était pas de ces hommes qui succombent devant un joli minois. Alors oui il avait passé une soirée délicieuse en sa compagnie, ainsi qu’une bonne partie de la nuit. Et il avait compris à quel point elle voulait une ristourne qu’il ne lui avait accordée que pour lui voler la différence en bijoux dans son coffre alors qu’elle dormait. Et maintenant, la pauvre enfant allait se faire bousculer dans la foule. Un regard rapide autour de lui, tout semble réunit pour lui permettre de faire son office. Il bouscule ce mulet qui porte des charges, son couteau sectionne la corde qui tient les meubles qui s’effondrent au sol, le bruit attire les regards, les têtes se tournent, les gardes viennent aider l’homme à débarrasser les lieux. La pauvre petite, la lame s’enfonce en elle comme dans du beurre, là, juste entre deux vertèbres, le coup est rapide et précis, elle pousse un petit cri de surprise qui se confond à ceux des badauds. Elle s’effondre, il l’attrape sous le bras et la dépose sur un banc. Il essuie sa bouche, dans quelques temps, quelqu’un la remarquera. Le coup porté ne fera pas coulé trop de sang. Il reprend sa ballade dans le marché et en profite pour faire quelques courses.

« …. Et donc c’est pour ça, j’ai besoin de vous pour l’éliminer car vous êtes le meilleur dans ce travail» finit l’homme qui en est à son troisième verre de vin.

L’assassin se retourne, regarde l’homme son regard d’acier le pénètre comme une lame.

« Vous avez quelqu’un à l’intérieur non ? Alors dites moi qui que je ne tue pas votre informateur.»

« C’est une jeune femme. »

« Les femmes … Jolie j’imagine, on endort mieux la méfiance quand on est jolie, surtout celles des hommes, nous sommes tellement prévisibles.»

L’homme hoche de la tête. « Oui en effet. Et puis elle a son intérêt propre dans cette histoire »

« Vous la manipulez, c’est mal, très mal ça » son sourire est carnassier « je vous félicite vous progressez à chacune de nos rencontres. Pourrais-je la rencontrer ? Elle saura peut être des choses. »

« Oh oui, elle en saura, elle vient de se faire engager comme femme à tout faire, elle passe son temps à écouter et regarder ce qu’ils font. »

Les ruelles de Bree sont bien agréables. L’odeur des fleurs portées par une brise d’été, le bruit des enfants qui jouent dans les fontaines les commerçants qui haranguent les passants. L’assassin se promène le nez au vent. Il a laissé dans sa chambre sa cape et ses armes, il prie son visage le plus anonyme, il sourit aux femmes qu’il croise qui rigole dans son dos, les joues rougies. Il entre dans le quartier des boues. Les miséreux sont toujours ceux qui en savent le plus et leurs informations valent rarement chères. Il trouve une femme qui pleure ses fils. Oui, elle connait ces Roseaux Blancs, des gens si bien qui ont retrouvé ses fils. Il lui sourit, « oui, ils sont incroyables » elle acquiesce entre deux sanglots. Il continue sa promenade.

Les ruelles regorgent de vie, c’en est presque surprenant pour cet ilot humain encerclé par les autres races. La ville s’est longtemps renfermée sur elle-même, mais elle a toujours été un croisement obligatoire pour les routes vers l’Ouest. Après tant d’années à se méfier de tous et de toutes, les habitants de Bree ont fini par comprendre que leur salut face aux menaces du Nord leur seule solution était d’ouvrir leur porte à quiconque voudrait les aider. Hommes ou autre. Ce qu’ils n’avaient pas imaginer c’est que cette ouverture serait si profitable pour leur commerce. La ville s’était en effet enrichie bien vite. Les artisans s’étaient multipliés et les coffres de banques regorgeaient de matière première. L’Hôtel des ventes ne désemplissait plus de pièces d’armures, d’armes de toutes confections, mais aussi de nourriture, vêtements potions. L’époque de l’hiver des loups semblait bien éloignée alors que celle de l’hiver des ouargs et gobelins n’avait surement jamais été plus proche. Les pavés des places avaient été refaits. La place du marché ou trône la fontaine des sangliers ne se désemplissait et le Poney Fringant ne cessait d’accueillir du monde, au point de ne pouvoir héberger tous les gens de passage. Seule auberge de la ville, certaines personnes commençait à accueillir les voyageurs chez eux. Les murs conservaient un côté rassurant surtout que les attaques de brigands sur les routes devenues très commerçantes se multipliaient. L’autre problème qui faisait désormais de Bree un havre malgré elle c’était la présence des gobelins dans les marais à l’est et les orcs au Nord et au Sud. Ces menaces nouvelles si proches de la ville la rendaient d’autant plus accueillante. Et sa garde n’y était pas pour rien. La petite troupe protégeait les murs avec zèle et les deux capitaines qui s’occupaient de cette tâche s’y appliquaient avec ferveur.

L’assassin marche, le nez au vent, profite du beau soleil qui chauffe les pierres. S’assoie sur les murets de la place de l’hôtel de ville regarde la foule. Il repère assez rapidement ce qu’il cherche. Il faut dire que les uniformes que porte cette compagnie sont assez facilement reconnaissables. Il avait raison, on dirait un peu des abeilles. Ils butinent autour d’une reine, et ramasse le pauvre miel des malfrats de cette campagne reculée des hommes et s’en glorifient auprès d’une garde paysanne qui ne connaît rien des vrais méchants si c n’est des racontars d’ivrognes. La tenue noire et or est élégante mais quelle erreur de marquer ainsi sa hiérarchie. Un nain passe sous ces couleurs, puis un elfe. Il regarde les roseaux, le soleil décline. C’est lorsque la nuit tombe qu’est le meilleur moment pour tuer.

Il suit deux hobbits qui portent les couleurs de la Compagnie et qui discutent. Mais la ballade ne lui apprend rien si ce n’est le lieu d’une cache de champignons et la couleur des sous vêtements d’une certaine Petitepomme. Puis le beffroi de la ville retentit. Il loge les rues vers la porte Est de la ville. L’heure de son rendez vous arrive et il ne désire pas le rater car il pourrait s’avérer intéressant à plus d’un titre. Il arrive en vue de l’auberge de Combe, s’approche doucement scrutant ce qui l’entoure. Les marchands aux échoppes remballent leurs produits. Il pose la main sur la poignée de la porte, regarde derrière lui, ne constate rien d’intéressant et entre dans la grande pièce qui l’attend. Le feu dans la cheminée est chaud, derrière le comptoir une femme prend la commande de l’homme qui entre comme une ombre. Il s’assoie à une table, pose dessus une dague, prend la choppe de bière qui lui est apportée et commande un steak saignant avec des patates en ragout. Il termine son plat quand la jeune fille entre dans l’auberge.

Elle est très jolie, une charmante petite blonde dont le regard en cet instant montre une certaine expérience de la vie. Elle observe la salle. Il prend sa dague à sa gauche et la passe à sa droite, puis finit de saucer son plat. Elle s’approche de lui, le salut à peine et s’assoit.

« Bonjour » dit elle.

« Bonjour jeune femme. L’endroit est agréable, très fréquenté mais il y a ici beaucoup trop d’hommes en armes. Pourquoi avoir choisi ce lieu ? »

« C’est pourtant simple » La jeune femme sourit, sure d’elle-même et fière de son idée. « Figurez vous que l’endroit est intéressant à plus d’un titre. Premièrement nous ne sommes pas à Bree donc en dehors de la juridiction directe de la ville. Ce qui veut dire que la garde de Bree n’a pas à venir ici. Seule la garde itinérante pourrait passer mais elle est à Pont à Tréteaux. Je le sais car leur capitaine est une Roseau aussi. La seconde raison, est que la plus part des gens qui sont ici sont des caravaniers. La Caravane des Vents est un groupe de marchands. C’est une guilde importante sous le contrôle d’une femme, mais ça c’est moi que ça intéresse. En revanche, ce qui nous intéresse tous les deux c’est que les caravaniers ont mauvaise réputation. Il parait qu’ils commercent avec n’importe qui tant que ça rapporte. Du coup, ils sont en guerre avec les Roseaux Blancs et leur immaculée vision du bien luttant contre le mal. Et les deux capitaines se haïssent véritablement. Du coup on peut dire du mal de qui on veut, au pire on se fera des amis. » Elle sourit, d’un très joli sourire charmeur.

Il la regarde fixement cherchant dans le beau sourire et les magnifiques yeux la lumière qui va dévoiler ce qui se passe dans la petite tête devant lui. Plus il l’observe plus elle lui rappelle quelqu’un, quelqu’un qui est mort. De toute façon toutes les personnes qui occupent sa mémoire sont mortes. Après tout il est semeur de mort depuis tant d’années. Celui par qui le malheur arrive. A cette pensée il sourit, et il se souvient.

Une gamine, à l’époque elle n’était encore qu’une gamine la première fois qu’il l’avait rencontré. Elle jouait avec un jeune garçon qui devait être son grand frère. Lui était un jeune adolescent. Ses parents étaient morts depuis peu et il visitait Cair Andros. Le port était encore très animé à l’époque et les pirates n’avaient pas encore troublé le trafic fluvial sur l’Anduin. A l’époque elle l’avait amusé, son cerceau de bois était arrivé à ses pied, il lui avait rendu avec un sourire, elle avait rit en partant retrouver son frère.

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Lorsqu’il la revit quelques années plus tard, elle était devenue une belle jeune femme, une très belle jeune femme. Il était toujours de dix ans son ainé mais il en était tombé éperdument amoureux. Elle était la fille du capitaine de la garnison de Cair Andros. La ville n’avait pas beaucoup changée depuis sa précédente visite si ce n’est que la garnison avait gagné en valeur en nombre et en force. Bien sur il n’était pas revenu pour du tourisme. Son commanditaire était domicilié de l’autre côté du fleuve. Depuis que Minas Ithil était tombée et était devenue Minas Morgul, elle avait souvent eu recours à des hommes comme lui. Son travail était le père de la jeune femme. Trop zélé dans la protection du fleuve et de son trafique il était devenue une épine dans le pied des méchants mais si généreux habitants de la cité jumelle de Minas Tirith. Alors avec les poches plaines il était revenu. Le meurtre fut assez aisé. Un soir il est entré discrètement dans les appartements du capitaine. Comme une ombre, à peine plus bruyants et surement moins visible, il avait traversé le camp par les toits. Les gardes de factions observaient sans relâche le fleuve, les rives qui encerclaient l’ile, mais surement pas l’intérieur de la fortification. Descendant avec habileté la conduite de la cheminée, il avait trouvé la fenêtre ouverte qu’il espérait, celle de la chambre de la jeune femme. Superbe enfant apaisé qui dort, corps magnifique de femme dont la poitrine se soulève doucement de la respiration apaisée de celle qui ne craint rien et qui n’a rien à se reprocher. De là il n’avait eu qu’à suivre le son des ronflements pour trouver la chambre parentale. Les consignes étaient claire, plus la mort serait spectaculaire plus la prime serait grande. Alors après avoir silencieusement réduit au silence la femme qui partageait son lit, il tua le capitaine. Dans une mare de sang venant de sa gorge et de ses artères fémorales. Le spectacle était satisfaisant, après tout il était assassin, pas garçon boucher, il laissait cela aux orcs et aux gobelins.

Le lendemain, il trouvait la pauvre enfant désemparée. Loin de regretter d’être la cause de sa détresse, il avait envie de la réconforté, il était gentil, il prit en charge les frais de l’enterrement de sa famille, car plus qu’avant il ne manquait de rien. Jamais un mot de trop, le respect de ses silences, elle finit par succomber. L’a telle aimé, il n’en savait rien, mais peu importait elle l’avait épousé, sous un faux nom bien sur. Il était rarement à la maison, mais elle ne manquait rie, si ce n’est d’amour en fait. Car s’il l’aimait autant qu’un homme puisse aimer, elle était affreusement seule, elle ne savait rien de ses activités si ce n’est qu’il vendait divers produits de manufacture de toute la Terre du Milieu et que des fois il avait de la chance de tomber sur des objets rarissimes comme des armes elfiques qui pouvaient se vendre très cher. Mais, en plus d’être belle, elle était intelligente et spirituelle et elle finit par comprendre. Loin d’imaginer que son époux était l’assassin de son père, elle avait compris qu’elle était son activité. Alors en gentille épouse elle lui avait posé la question. Cette situation autant inconfortable que surprenante l’avait laissé un temps désemparé. Mais il n’était pas homme à rester sur un doute ou une question aussi problématique soit elle.

A y réfléchir, elle avait surement du l’aimer d’un amour sincère et profond car lorsque son dernier souffle vint, elle lui murmura qu’elle le comprenait et qu’elle lui pardonnait. Drôle d’affirmation quand on meurt de la main de celui dont on attend un enfant. Il l’avait appris à son enterrement d’une de ses amies. La nouvelle lui fit couler une larme, une vraie, pas une de celles de circonstances qu’il laissait glisser sur ses joues. Après cela, il avait vendu la maison, tous ses objets et était reparti vers le Nord, vers Esgaroth où un travail l’attendait.

La jeune femme devant lui, lui ressemblait incroyablement dans la lumière de son regard. A ce moment là, il avait envie d’elle, de cette petite paysanne qui allait trahir. Ses yeux descendent sur sa gorge puis remontent vers son visage, il se redresse, pose ses coudes sur la table, plonge ses yeux dans les siens.

« Et vous, quel est votre intérêt ? »

La question directe la surprend un peu. Elle marque une pause, attend avant de répondre, joue sa main sur la chandelle, elle devrait se bruler mais ne dit rien. Puis elle se penche en avant, son visage proche du sien. Ils peuvent se sentir, elle murmure d’une voix qui n’a rien de douce en contraste avec son apparence.

« L’un d’entre eux doit mourir de ma main. Seule je n’avais pas les moyens de l’atteindre, alors pour une petite somme et un petit coup de main, je donne des informations en échange j’en obtiens. »

« La jeune femme qui vous intéresse dont vous m’avez parlé, qui est ce ? »

Elle le regarde pas certaine que cette question soit à l’ordre du jour, puis murmure dans un souffle.

« Clothild Hautebonté, une rouquine au caractère trempé qui couche avec mon homme. La rumeur prétend qu’ils sont mariés mais rien ne semble le confirmer ou l’infirmer d’ailleurs. Mais si je veux mon homme elle est surement le plus court moyen pour l’atteindre. J’ai bien envie de détruire sa vie avant de le tuer »

Il la regarde un peu amusé, puis s’enfonce dans son dossier et clame d’une voix intelligible à tous «jeune fille vous ne devriez pas jouer avec la nourriture.» Il l’observe attend sa réaction alors que deux ou trois personnes se sont tournées vers eux.

« Monsieur, je ne joue pas avec la nourriture j’aime juste qu’elle soit à point.»

Il se penche sur elle puis, murmure d’un ton calme qui pourtant n’appelle pas à discussion.

« Sachez ma chère que dans ce métier, être loin de sa victime c’est la meilleure chose à faire, et à ce rythme, vous allez juste réussir à vous faire prendre. Si vous êtes un danger pour moi, vous n’aurez pas le temps de parler de moi, et je ne prendrais pas le risque de votre grand courage face à la torture. »

Elle le regarde, une lueur d’inquiétude passe dans ses yeux, puis elle caresse de ses doigts la main de l’homme sur la dague posée sur la table. Le contact est électrique.

« Je sais ce que j’ai à perdre, mais je peux vous montrer ce vous pouvez gagner de ma collaboration. »

Elle lui fait son plus beau sourire, passe une mèche de cheveux derrière son oreille et se lève. Sa main remonte le bras de l’homme, caresse sa joue puis elle se dirige vers l’escalier qui monte vers les chambres. Il se lève et s’engage sur le même chemin lançant une pièce d’or à l’aubergiste.

« Pour la chambre, le repas et le soin du cheval. »

Au petit matin il redescend l’escalier. La nuit avec la jeunette a été surprenante, il ne s’attendait pas à ce que la situation prenne une telle tournure, et alors qu’il commande un petit déjeuné, il se dit qu’il sera triste de devoir la tuer. Une buche neuve crépite dans la cheminée, le café est chaud et bon, salé comme le buvait les marins qui naviguaient sur l’Anduin. Il boit sa boisson, son pain beurré à côté de lui. Les yeux dans les flammes qui dansent il réfléchit aux confessions qu’il a obtenues sur l’oreiller.

Elle vient du Rohan, non loin de la Trouée, aux portes de l’Isengard. Née sur les bords de l’Isen, elle a conservé le nom. Son père tenait une auberge, sa mère travaillait avec lui et l’aidait à tenir le lieu qui marchait assez bien. Elle a grandi en écoutant les histoires d’aventures, de chasse, et de combat des hommes de passage. Elle aimait l’odeur des chevaux, l’air puissant de ses hommes, comment ils avaient vaincu des orcs, des gobelins, des hommes des chariots. Un jour son père réserviste dans les armées du roi a été envoyé en mission comme il le faisait tous les ans lors du service au roi qu’il devait et n’est pas revenu. Tué lors d’une bataille, mort en héros, mais les médailles ne ramènent pas les êtres chers. C’est son frère qui a repris l’affaire. Mais l’homme était beaucoup moins bon. La situation aux frontières qui a commencé à empirer à fait baissé le chiffre d’affaire de l’auberge. Et comme l’oncle de la petite était un piètre gérant en plus d’un mauvais hôte, l’affaire a rapidement perdue de l’argent. L’homme mauvais comme le souffle du vent au Mordor s’en est pris à la mère et à la fille. La pauvre enfant fit ainsi une terrible découverte de la virilité alors que sa mère subissait les coups de son oncle. La petite n’a pas supporté longtemps ce traitement. Un soir, il est entré dans sa chambre, une bougie à la main. Elle, l’attendait, un couteau de la cuisine sous ses couverture et lorsque d’un geste impérieux il arracha draps et couvertures qui couvraient la jeune demoiselle, il vécu la sensation froide du métal qui entre dans la chaire. Elle frappa plusieurs fois, criant sa haine de cet homme. Ses hurlements, ceux de son oncle, ameutèrent toute l’auberge. Elle avait frappé aveuglément, ne sachant tuer proprement. Il était mort lentement se vidant de son sang ses chaires en lambeaux, notamment celles qui l’avait déshonorées. Elle avait raconté cette histoire avec froideur, une froideur terrible qui avait contrasté avec la chaleur de son corps les quelques minutes auparavant. Son regard et sa voix montraient qu’elle n’avait aucun regret, et qu’elle était prête à le faire à nouveau sans la moindre hésitation. Pire encore on voyait quand on savait trouver ses signes, qu’elle l’avait surement refait. La justice du Rohan étant ce qu’elle est, elle avait passé quelques mois en prisons, mois pendant lesquels la santé de sa mère avait déclinée terriblement. La femme avait vendu l’auberge bien en dessous de sa valeur, et était venu s’installer à Edoras. Elle passait ses journées à visiter sa fille en prison, ne travaillait plus et son maigre pécule disparaissait à vue d’œil. Elle ne mangeait déjà presque plus quand quelques mois auparavant elle s’était retrouvée alitée. C’est à ce moment là qu’on était venu lui faire cette offre. Elle sortait de prison, les soins de sa mère était complètement couvert, elle obtenait une absolution totale pour son crime en échange d’un petit service. Elle devait tuer un rohir qui avait été banni du Rohan. Elle ne demanda même pas pourquoi, elle accepta immédiatement. Elle fut habillée, coiffée, nourrie, En 10 jours elle avait retrouvée toute sa beauté et presque toute sa fraicheur. Elle quittait le royaume par une caravane marchande qui partait vers le nord. Ce n’est pas avec de l’argent qu’elle payait son voyage et le marchand ne vit jamais les portes de Bree. Elle le tuait lors de leur dernière étape dans le bois de Chet. D’ailleurs son logeur pendant la semaine avant qu’elle ne se fasse engager à Cornemur ne touchera jamais plus personne non plus. Elle se donnait aux hommes volontiers mais ils ne lui survivaient pas, c’était ainsi désormais. Elle avait raconté tout cela avec une teinte de naïveté dans la voix. Mais Vivelame n’avait pas sillé. Mille fois pendant leur nuit il avait eu l’occasion de l’éteindre d’un sommeil paisible et éternelle. Elle n’avait surement pas son expérience dans ce domaine, elle n’était pas un danger pour lui. Mais il souriait en pensant au vieux rohir qu’elle devait tuer, lui avait de quoi s’inquiéter car elle avait un charme redoutable, et un cœur gelé mortellement gelé. Elle ne savait pas grand-chose de son commanditaire, si ce n’est que c’est un homme de pouvoir, un homme a n’en pas douter. Depuis son entrée au sein du Roseau elle avait su plaire à quelques hommes ou des nains. Elle avait glané quelques informations. Sur Bree, celui qui l’envoyait avait un contact qui avait permis cette rencontre. Elle fini par donner à Vivelame tout ce qu’elle savait sur les roseaux qu’elle avait rencontré. Au petit matin, elle était partie sans savoir qu’elle était la cible de l’homme. Elle avait bien sur limité la liste des personnes plausible à moins d’une poignée. Et puis au final, il le savait, elle s’en moquait, tant que leurs cibles étaient différentes.

Après son petit déjeuné, il sortit de l’auberge sous la pluie prenant sous sa capuche le chemin de Bree. Il avait eu loisir de prépare son coup depuis les quelques jours qu’il était là. Son arc posé derrière une chemine et sa flèche. De toute façon il n’avait pas besoin de plus d’une flèche, partant du principe que si la première échouait, ce n’est pas la seconde qui ferait l’affaire. Et puis depuis ce toit, le coup était facile, très facile même par rapport à son dernier tire.

C’était sur les toits d’Esgaroth. La ville derrière des hommes dans le Nord, était animée. Elle l’est toujours depuis la mort de Smaug. Et puis quelle ironie, tuer à l’arc dans la ville connue pour avoir eu le plus grand archer de tous les temps. Il se souvient que cette idée l’avait tout de suite séduit. Il en souriait encore. Sa cible de l’époque il s’en souvenait bien, très bien même, u jeune homme venait d’épouser une jeune fille d’une bonne famille du pays. Mais le père de la jeune femme voyait l’avenir de sa fille d’un autre œil, alors il ne voyait qu’une façon de régler le problème, l’éliminer. La ville grouillait de nains, le Royaume sous le Montagne était devenu la principale source de revenus de la ville. Alors les barbes se promenaient dans les ruelles étroites et flottantes. La ville reconstruite depuis la flèche de Bard était agréable.

Trouver le jeune homme avait été aisée, il vivait avec sa jeune épouse dans un petit appartement au dessus d’une échoppe de tisserand. Elle passait ses journées dans une chandellerie où elle préparait des encens médicinaux. Elle avait appris les plantes qui soignent auprès de son père qui était herboriste et apothicaire, double fonction qui lui assurait une bonne situation. Lui, le jeune époux était disciple auprès d’un des responsables des pilotis qui soutiennent la ville. Il avait obtenu le poste avec beaucoup de difficultés mais était bien noté par son maître et comme ingénieur semblait riche d’idées. Alors l’assassin s’était renseigné sur la ville, son origine, comment elle flottait, ses extensions sur le rivage. Pour lui, prendre le risque de tuer au corps à corps ici était une folie. Les rares accès vers le rivage en faisaient un point bien trop facile à défendre. Il fallait donc pouvoir sortir de la ville rapidement, même avec un meurtre à distance. Alors il lui fallait un point lui permettant d’assurer sa retraite et son tir. Pendant près de cinq jours il étudia la topographie du lieu. Après avoir trouvé son point de tire, il lui fallut attendre l’occasion. L’attente n’était pas un problème pour lui, ça ne l’avait jamais été d’ailleurs. Il s’était installé sur son toit, huit heures durant. Son arc à la main, il avait encoché une flèche. Son œil ciblait une fenêtre, celle son officie. Le jeune homme travaillait tard, tous les soirs. On peut dire qu’il se démenait pour faire vivre sa jeune épouse. Ce soir là, la nuit était déjà tombée lorsque l’occasion se présenta enfin.

L’assassin prit son arc, il tendit la corde avec délicatesse, sans la moindre précipitation. Au bout de la pointe de mithril finement forgée, il voyait la chandelle qui éclairait la planche à dessin du jeune homme. La flamme dansait doucement au rythme de l’air chaud. Son œil vif ne lâchait pas la cible alors que l’autre observait le vent dans les arbres. Instinctivement il corrigea la position de son arc, tendu un peu plus sa corde. Il humait l’air, sentait l’orage approché, l’idéal pour masquer sa fuite, effacé ses traces. Il souriait en se disant qu’il y avait des valar qui devaient l’avoir à la bonne. Puis le geste tant attendu se fit enfin après trois minutes d’attentes dans cette position. Ses doigts rompirent leur emprise sur la corde. La flèche fila suivant une légère courbe entrainée par le souffle du vent. Le sifflement à peine audible parcouru les 70 mètres en un rien de temps. Son regard aiguisé suivait le parcours alors que la seconde flèche était déjà armée. Mais elle fut inutile car la première toucha sa cible avec une précision elfique. Elle pénétra l’oreille du jeune homme et se fixa dans sa tête. Il s’effondra dans la seconde suivante, renversant son encre et renversant sa bougie dont la flamme s’éteint. Quelques minutes plus tard il passait le guet du pont. L’orage se mit rapidement à gronder les éclairs zébraient le ciel. La foudre tonnait autour de ville, mais il était déjà aussi loin qu’invisible quand le corps fut découvert.

Cet après midi là il est sur un toit qui surplombe la place de l’Hôtel de Ville. Il sait que sa cible passe régulièrement par ici. Et puis c’est le lieu le plus fréquenté de la ville. A mi chemin entre l’Hôtel des Ventes et le Poney Fringant il aurait d’ici toute occasion de tuer le capitaine. Roncenoir, entrait dans l’Hôtel de Ville. Il avait déjà eu affaire à lui par le passé, à l’époque il n’était qu’un lieutenant sans trop de perspectives. Et à croire les rumeurs il n’avait toujours pas une grande vision de son environnement. Il savait certes protéger Bree mais ne comprenait le rôle minable et pourtant essentiel de cette bourgade de paysans dans le jeu qui se préparait en Terre du Milieu. Il faut reconnaître que depuis deux ans l’essentiel de ses réussites comme garde la ville avait été le fruit de deux gamines mal lunées et caractérielles. Les deux capitaines de la garde de Bree, celle du guet, Eleane de Baranduin, et celle de l’itinérante, Isobel Clairfaucon étaient, parait il, devenue les bêtes noires des marchands non déclarés, des brigands et détrousseurs des routes alentours. Même des personnes influentes d’Angmar commençaient à se lasser de ses gamines dont les efforts pour freiner leur préparation à la guerre commençaient à porter leurs fruits. C’est ce genre de situation qui faisait vivre un homme comme lui. Alors qu’il surveille la place, il se dit que la géopolitique faisait son beurre, et que peu de personne dans ce métier avait sa réussite. Il en vivait donc très bien. En souriant sa flèche suit quelques personnes qu’il connaît. Isenia qui rentre avec les bras chargé de courses. Il y aura un ragout ce soir Chez les roseaux sur la table. Il aperçoit également Landil, un mercenaire, très bon aussi dans sa partie, peut être un des meilleurs, tueurs ou garde du corps, chasseur, suiveur de pistes. « Il est doué » se dit Vivelame, mais il n’a pas fait de la mort un art.

Enfin, il aperçoit sa cible. Elle porte une robe rouge ce qui le surprend. Il s’attendant à la voire en armure. Mais peu importe il n’est pas chargé de faire un trou dans une armure mais dans une personne. Il tend son arc, la flèche suit la petite femme. Comme à son habitude, il prend son temps, la précipitation n’est pas la solution. « Laisser la flèche aller à sa cible, ne pas la forcer, juste lui montrer la voie. » C’est ainsi que son maitre d’arme lui avait appris à tirer. C’est ainsi qu’un elfe lui avait parlé également un soir dans une auberge. La pluie a cessé de tomber il y a deux heures, l’air est encore lourd et les nuages se dispersent.

« Adieu dame de Baranduin » murmure t il avant de lâcher sa corde

Une ombre fugace. Voilà tout ce que son œil à pu percevoir alors qu'il était sur le point de tirer.

"Comment est-ce possible ?"

C’est ce qu’on dit ses yeux quand la première ombre a du tranchant de sa lame relevé l’arc et que la flèche est partie bien loin de sa cible. D’ailleurs ses yeux disaient la même chose lorsque la dague se posa entre ses omoplates. Le poignet ferme ne laissait planer aucun doute. La personne derrière lui savait se servir de son arme et n’hésiterait pas à s’en servir. Deux ombres, deux ombres étaient derrière lui et il n’avait rien vue, rien senti.
Il a beau y réfléchir, il ne comprend pas à quel moment il s’est fait repéré. Il ne comprend d’ailleurs pas qui son ses hommes. Sous leurs capuches il ne distingue aucun visage.

« Pour qui travailles tu ?»

La voix vient d’un troisième côté, deux autres ombres montent sur le toit, c’est la première qui lui a posé la question. Il continue de revoir en détail ses derniers jours à Bree, il cherche mais ne trouve pas le moment de son erreur. Ce n’est pas le garde le premier jour, il l’a à peine remarqué. Ce n’est pas son commanditaire, il est fiable et pas assez stupide pour ça, trop peureux. La petite garce ? Non, peu probable, elle avait l’air aussi motivée que lui et ne prendrait pas ce risque. Non vraiment il avait été aussi prudent que d’habitude. Incroyable tout de même comment s’était il fait prendre, après touts ces années.

« Dernière fois : Pour qui travailles tu ? »

Il regarde les ombres autour de lui, dans le contre jour du ciel au dessus de lui elles ressemblent à quatre rois d’antan le jugeant. Cette pensée le remit d’aplomb et tournant le visage vers les trois qu’il pouvait voir, il finit par répondre.

« Cette information est confidentielle »

Il ne voit pas le coup venir mais le sentit arriver violemment comme un marteau qui s’abat de toute sa puissance. Le choc est violent, il est quelque peut sonner, se redresse tout de même affronte l’ennemi mais la lame dans son dos le ramène à la raison. Sa main passe sur son menton, le masse alors que l’autre s’enfonce doucement sous sa cape à la recherche d’une solution.

« Je suis un professionnel, tout comme vous, je ne donne pas ce genre d’information »

Sa main a saisie une lame, une de celles qu’il cache dans la doublure de sa cape. Mais la tentative avorte quand une botte s’écrase dessus lui brisant quelques doigts au passage.

« Non, nous ne sommes pas des professionnels au sens où tu l’entends, nous sommes ton principale problème pour le moment rien de plus. Maintenant répond à la question»

Avec ces derniers mots, un nouveau coup lui est asséné.

« Quand vous m’aurez cassé la mâchoire et que je ne pourrais plus répondre vous ferez quoi ? »

« On te tuera »

La réponse froide non réfléchie était directe, sans émotion et venait d’une des autres ombres.

« Donc il vaut mieux répondre pendant que tu le peux encore »

La troisième ombre venait de parler alors que la dague tenue par la quatrième s’enfonçait dans son dos découpant sa veste de cuir.

« Je répondrais mais d’abord dites comment ? Comment vous m’avez trouvé ? »

Un nouveau coup s’abat sur lui.

« C’est nous qui posons les questions ici. »

« Eleane gène les affaires de certaines personnes dans la région, sa double casquette de capitaine de la garde de Bree et de capitaine du Roseau Blanc, son influence en ville et à l’extérieur la rend dangereuse pour certains secteur de l’économie qui échappent aux contrôles douaniers et aux taxes. En plus sa bande de mercenaires mal dégrossis semble complètement liée à cette gamine. Donc on m’a engagé moi pour faire un peu le ménage. Certaines personnes pensent que si Eleane finit comme Eren, personne ne voudra plus diriger la compagnie et Roncenoire aura surement les pires des soucis à trouver un remplaçant. D’une pierre deux coups. En plus imaginez l’impact sur les populations. La capitaine tuée en ville, mais personne n’est en sécurité alors. Bref un brin de chaos et de peur permettrait certains de mes employeurs de vivre leurs affaires avec plus de sérénité. »

Les ombres écoutent avec intérêt l’explication de Vivelame attendant toujours le nom du commanditaire.

C’est alors qu’il tente sa chance. Le tout pour le tout il sait qu'il n’aura pas deux occasions. D’un coup de pied il chasse l’ombre derrière lui qui surprise pousse un petit cri et recule sa lame, un cri de femme. Il ne prend pas le temps d’être surpris. Il écarte d’un coup de coude celui qui a rejeté son arc, puis tente de planter une dague cachée dans sa manche dans celui à sa droite. Mais en vain, il ne parvient qu’à entailler le tissus de son plastron quand le quatrième saisie son bras et le brise sans autre forme de procès. Dans un cri, l’assassin lâche son arme. La dague revient prestement, pénètre son dos précisément entre les côtes, droit dans son cœur. Dans un souffle roque, il comprend, ses yeux se fixent sur celui qui posait la question. Il agrippe sa cape alors qu’il tombe en arrière, il l’entraine avec lui. Le tissu tombe dévoilant le visage, ses rétines impriment l’image et celle de la lune qui semble rire de son échec.

« Toi … » murmure t il

Alors ce n’est pas moi qui était surveillé se dit il alors que sa pensée s’embrume, c’était elle, et c’est par elle qu’ils m’ont trouvé, tout ça ce n’est qu’un concours de circonstance, ce n’est pas possible. Pas comme ça.

La cinquième section regarde l’assassin gisant sur le toit, son sang coulant vers la gouttière.

« Mission à moitié complété » dit le premier. « Eleane est vivante mais on ne sait pas qui voulait sa peau. On n’est pas si bien avancé que cela ».

« La cinquième section a encore besoin de travailler semble t il. » répond le second à la veste tailladée

« Il ne reste plus qu’à suivre la fille, peut être ont-ils été mis en contact par le même commanditaire» reprend la femme

« Bien on sait ce qui nous reste à faire alors partons d’ici avant que le sang n’arrive en bas de la gouttière et que quelqu’un lève les yeux. »

Sans un bruit quatre silhouettes arpentent les rues de Bree, chacune sortant par une porte différente de la ville.


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