Chapitres d'Estel -> Plume d'Airain -> la mort vous va si bien
 
Pra Flenn
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Message Posté le: 15/06/2010 à 23:14    Sujet du message : la mort vous va si bien
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Le nain pénétra doucement dans la chambre. Il avait veillé à ce que nul ne l'observait et avait profité de l'obscurité pour se dissimuler derrière une épaisse cape de laine noire.

Flanah, l'attendait, assise sur le lit, dans la pénombre.

"Tout se passe selon nos plans ma douce Flanah"

"Selon VOS PLANS! Je n'ai rien contre ce pauvre type. Donnez moi l'or que vous m'avez promis et n'en parlons plus".

Shenegar fouilla dans la poche de sa tunique et lança à Flanah une bourse remplie.

"Voilà catin!
Mais avant de nous quitter, je te propose que nous trinquions à notre succes...à mon succes"

Shenegar tandit une coupe de vin à la jeune femme.

"A la votre Flanah...."

Une ombre mauvaise et cruelle voila son regard....

Il ne fallu que quelques minutes pour que la jeune femme tombe dans un sommeil profond.

Shenegar ramassa la bourse, mit les 2 coupes vides dans son sac, puis allongea Flanah sur le lit, après lui avoir essuyé les levres et humecté la bouche d'un linge propre et humide.

"Pauvre idiote...que ta mort soit aussi insignifiante que ta courte vie"

Et tout en disant ces paroles, il sortit de sa besace un fin poignard, long et effilé...

C'est avec un certain dégoût que le nain trancha les veines saillantes qui affleuraient sous la peau blanche et délicate des poignets de Flanah.

Il rangea méticuleusement le couteau et le linge dans son sac, veilla à ce que rien n'ai été dérangé dans la chambre...puis s'évanouit dans la pénombre.


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Yvaine
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Message Posté le: 20/06/2010 à 14:55    
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Le cimetière n'était guère éloigné de Bree, mais le chemin en était rendu dangereux par les brigands de toutes sortes qui sévissaient dans le nord ouest de la région.
Une fois n'est pas coutume, Yvaine n'avait prévenu personne de sa sortie.

Dans les champs, elle avait cueillit un bouquet de fleurs dont la blancheur immaculée égayait la terre fraîchement retournée. Il n'y avait ni pierre, ni nom. Une souillon. C'est ainsi que Shenegar l'avait nommée. Personne ne la connaissait. Ici, elle resterait inconnue à jamais.

Le coeur de la jeune femme se révolta contre cette destinée. Il lui fallu longtemps pour trouver une belle pierre plate suffisamment grande. Plus longtemps encore pour dessiner laborieusement à la craie les cinq lettres du nom dont elle ignorait jusqu'à l'orthographe exacte :

FLANA


Les premières pluies en laveraient jusqu'au souvenir, mais c'était suffisant. Suffisant pour dire qu'elle, se souviendrait.


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Pra Flenn
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Message Posté le: 26/06/2010 à 13:58    
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Les flammes des braseros jetaient sur les murs sculptés des ombres difformes tandis que les effluves d’encens et de camphre, que son maître affectionnait tant, rendaient l’atmosphère aussi étouffante que celle d’un tombeau.

Gariok se tenait courbé au dessus de son bureau de travail analysant cartes célestes, grimoires des âges oubliés et runes des temps anciens. Parfois il interrompait son travail, psalmodiait une incantation et, d’un trait, vidait l’un des innombrables flacons qui envahissaient la table et qui, du moins en était-il convaincu, contenaient potions et remèdes capables de prolonger sa vie.

« Approche Shenegar »

La voix caquetante grinçait désagréablement à l’oreille.

Pour l’occasion, Shenegar avait revêtue la plus belle de ses tuniques et une somptueuse cape de drap noir aux motifs d’or ornait ses épaules.

Le vieillard se retourna brusquement et darda son regard inquisiteur sur son apprenti. Dans ses orbites creuses, luisait une étincelle vénéneuse et ses lèvres émaciées et couturées de profondes ridules formaient un sourire grimaçant.

« Je t’ai fait venir pour te faire part de l’avancée de mes recherches et pour entendre des nouvelles des missions que je t’aie confiées. »

Shenegar baissa les yeux, visiblement mal-à-l’aise.

« Comme tu le sais mon jeune ami, j’ai parcouru les chemins bien au-delà de Khazad-Dûm. J’ai ainsi pu rejoindre les lointaines terres de l’Isengard, loin au sud des Monts Brumeux, à la frontière de la Trouée de Rohan. Le Sage Gardien d’Orthanc m’y a accueilli et nous avons pu nous entretenir durant de longues heures des temps sombres qui sont les nôtres.

Il va s’en dire que nous partageons le même point de vue. Si l’Ennemi de doit pas se saisir de l’Unique, celui-ci ne saurait être détruit. Il serait folie que de se priver d’un tel instrument de pouvoir.
Le Gardien d’Orthanc m’a conseillé fort judicieusement de me détourner pour l’instant de l’Unique et de concentrer mes recherches sur l’un des Sept. Car il est, tout comme moi, convaincu qu’il repose dans les profondeurs de Khazad-Dûm.

Ne crois pas que je tienne pour argent comptant les paroles mielleuses de l’Isengard. Il existe des intrigues dans les intrigues et des plans derrière les plans. Mais en l’état, je crois le conseil d’Orthanc sage et judicieux.

Et toi alors, mon fidèle compagnon, quelles nouvelles m’apportes-tu ? »

Shenegar releva le capuchon qui couvrait partiellement son visage et son regard se perdit sur les colossales étagères de granit et les milliers de volumes anciens qu’elles contenaient. Que de savoir ! Que de puissance ! Les paroles de sont maîtres étaient fort étranges et bien mystérieuses…qui était donc ce Gardien d’Orthanc et pourquoi sont maître avait-il cru devoir pousser si loin sa chevauchée…des intrigues dans les intrigues…des plans derrière les plans…

Shenegar s’éclaircit la gorge tandis que Gariok jetait sur un petit tapis de satin noir des sphères de jade gravées de runes. Tenter de lire l’avenir et de décrypter les présages avait toujours été une de ses activités favorites.

« Mon Maître, j’ai malheureusement de bien décevantes nouvelles car d’anneau je n’ai pas trouvé trace en Moria. Croyez bien que je n’ai pas ménagé mes efforts. J’ai tout tenté et poussé loin mon exploration mais en vain. Je dois dire que … »

Shenegar s’interrompit brusquement…la douleur lui déchirait la joue. Le coup était parti si vite qu’il n’avait pu l’éviter et les lourdes bagues de Gariok lui avaient labouré les chairs. Il releva les yeux fixant son maître qui se tenait devant lui les pupilles dilatées par la haine et la rage.

« Je ne tolérerai plus de nouveaux échecs. Ne comprends-tu donc pas Shenegar ! »

Sa voix n’était plus qu’un hurlement de fureur tandis qu’il semblait être pris de spasmes. Shenegar se précipita pour relever Gariok.

« Monseigneur ! »

« Je me meurs Shenegar. Malgré mes pouvoirs, le Temps me rattrape et la corruption de l’âge accompli son œuvre. J’ai besoin de cet anneau et de l’Unique pour ne pas disparaître dans le néant. Et crois moi – ses yeux n’étaient plus que deux fentes de pure malice – si je devais être anéanti par la mort alors je ferai en sorte que ce monde soit plongé avec moi dans la désolation du tombeau. Va me chercher l’élixir qui se trouve dans le coffre de mithril. Il me soulagera. »

Shenegar s’exécuta tandis que son maître se relevait péniblement.

« Il sera fait selon vos ordres mon maître »

« Va encore plus loin dans les sombres tunnels de la Moria et défait la Maitresse de Pestilence. Si l’un des Sept repose à Khazad-Dûm, c’est auprès d’elle. »

« Bien Monseigneur. Je dois cependant composer avec les armées d’orcs qui ont envahi la région. J’ai retrouvé sur leurs cadavres les ordres d’un certain Saroumane et… »

Gariok se figea.

« Tu ne dois parler de cette découverte à personne m’entends-tu ! Et tu dois éviter de te frotter à ces légions. »

« Mais mon maître, il s’agit d’orcs. Ces infectes créatures souillent le sol sacré de Khazad-Dûm . »

« Ne discute pas mes ordres Shenegar. Tu ne connais pas encore mes plans dans leur globalité et certaines subtilités t’échappent. »

Shenegar baissa la tête, vaincu.

« Une derrière chose Shenegar. »

Gariok retourna à son bureau d’étude et en ramena deux petites plaques de verres poli entre lesquelles semblaient avoir été déposés des fils d’or.

« J’ai fait la connaissance d’une certaine Yvaine…Tu as été bien imprudent en mentionnant devant elle l’objet de tes recherches. Elle sait désormais que tu es en quête de l’un des Sept et ses amis également. Méfie-toi des hommes. Ils sont faibles mais peuvent dévoiler parfois des ressources inattendues. J’ai donc pris mes précautions. Je lui offert un présent de ma fabrication et prit un gage de son silence. »

Shenegar examina les plaques de verres. Quelques cheveux blonds y avaient été déposés.

« Va maintenant, je n’ai plus besoin de toi ».

Maison Aguares
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Pra Flenn
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Message Posté le: 28/06/2010 à 13:48    
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Les doigts crispés sur son amulette, Gariok s’enfonçait dans les ténèbres de Haudh Iarchith. Brandissant l’objet ensorcelé à la face des non-morts, il les tenait ainsi en respect et progressait avec rapidité dans les obscures et terribles galeries.

Ainsi donc elle avait parlé. La petite sotte ! Elle le paierait et ses amis avec elle. Il était temps de frapper fort et de faire comprendre à ses ridicules pantins qu’ils devaient se tenir éloignés de ses sombres desseins. Quant à cet Evanorn qui avait arraché le médaillon de la poitrine d’Yvaine, il lui réservait une surprise de sa composition. Ne jamais frapper directement ses ennemis, mais toujours s’acharner sur ceux qu’ils chérissaient, telle était une des méthodes favorites de Gariok. Evanorn avait évoqué son maître forgeron…c’est donc sur lui que se déverserait sa rage.

Plongés dans ses sombres pensées, Gariok dévalait les escaliers creusés à même la roche avec une remarquable dextérité, dissimulant son nez derrière un mouchoir parfumé pour supporter l’ignoble odeur de pourriture qui imprégnait les lieux. Après de longues heures de marches, il arriva enfin dans la plus ancienne et profonde crypte de Haudh Iarchith. Brandissant son amulette, il fit fasse aux goules qui déjà se ruaient sur lui, le regard vide et la gorge ouverte sur un cri muet. Elles reculèrent, soumises et apeurées.

Le vieux nain ouvrit sa besace et en déversa le contenu sur l’autel impie qui ornait le centre de la crypte. Il se saisit d’un petit sac de poudre écarlate et traça sur la pierre souillée le pentagramme originel, celui de la soumission. Il disposa un premier cheveu en son centre, puis alluma les cierges de graisse qu’il avait placés à ses extrémités. Leurs flammes crépitantes répandirent dans la grotte une fumée noire et acre. Alors il fit tinter la petite clochette d’argent moiré qu’il tenait dans sa main gauche.

Il traça ensuite le second pentagramme, celui de corruption. Plaçant encore une fois un cheveu en son centre, il égorgea une colombe et répandit son sang sur le bloc de granit tandis que la malheureuse bête se débattait et expirait entre ses mains. Pour la deuxième fois, la clochette tinta, emplissant la galerie de son écho sinistre.

Enfin il superposa le troisième et dernier pentagramme, celui de la désolation. Il disposa le 3ème et dernier cheveux d’or et son visage se balafra d’un rictus satisfait. Il sortit un kriss de sa tunique…les flammes se reflétèrent sur la lame étincelante et sur les gemmes noires et pourpres qui en ornaient le manche. Il traça dans l’air des runes invisibles au moyen du poignard, puis trancha l’une des veines de son poignet tandis qu’un mince filet de sang épais et sombre se rependait sur la pierre noire de l’autel. Alors, pour la dernière fois, le son aigre de clochette d’argent retentit dans la grotte.


Gariok contempla son œuvre de sorcellerie avec malveillance. Il était désormais temps de montrer la pleine mesure de ses pouvoirs. Car, dans sa soif de puissance, sa quête éperdue de l’immortalité, le vieux nain avait été bien au-delà de ce qu’il avait confié à Shenegar. Au moment de prononcer l’incantation, Gariok se souvint de cette nuit terrible, il y a plus d’un siècle maintenant, où un cavalier noir était venu à sa rencontre. Ce dernier lui avait appris les secrets de l’art sombre du Morgul et lui avait enseigné le langage interdit que d’aucun appelait Noir Parler. Tout cela Gariok l’avait gardé comme le plus précieux de ses secrets et même Shenegar ignorait que son mentor possédait la maîtrise des sombres arcanes.

« Pauvre petite oie blanche, voilà le prix de ta curiosité et des tes bavardages »




Dernière édition par Pra Flenn le 28/06/2010 à 14:04; édité 4 fois
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Pra Flenn
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Message Posté le: 28/06/2010 à 13:50    
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(suite ^^)



Et tandis que ses yeux se révulsaient, Gariok commença à psalmodier sa litanie impie.


Les pupilles dilatées en deux noirs soleils, il contraignait ses cordes vocales à cracher les sonorités de la langue maudite tandis qu’un vent glacial et pestilentiel envahissait les galeries de Haudh Iarchith. Bientôt une vapeur méphitique aux reflets incarnats s’enroula autour du maître nain et ses traits se crispèrent sous l’effet de la concentration et de douleur qui semblait dévorer son âme.

Le ciel au dessus de Bree s’assombrit et le vent se leva soudain charriant, en hurlant dans les arbres et sous les toits, ce qui semblait être les échos d’une litanie monstrueuse. L’agitation était à son comble devant l’auberge du Poney Fringant tandis qu’Yvaine, comme frappé par la foudre, s’écroulait à terre, prise de spasmes, vomissant tout ensemble sang et paroles injurieuses.

Au plus profond de Haudh Iarchith, un silence de mort avait succédé à la tempête. Gariok rangea soigneusement ses ustensiles, brossa sa robe et contempla son œuvre avec satisfaction.

« Voilà ton salaire petite lavandière. Lequel de tes amis osera affronter les dangers les plus terribles tapis dans les profondeurs de Haudh Iarchith ?»

Puis sans se retourner, il se dirigea vers l’air libre.


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