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    Chapitres d'Estel -> Etude du Lond Daer -> De Soie et d'Epices
 
Andarius
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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:16    
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Les flammes virevoltaient dans l'âtre, diffusant leur chaleureuse lumière, renforçant ainsi l'ambiance déjà bien douillette. Au centre de la petite pièce se dressait une large table de bois sombre, sur laquelle reposait une carte de l'Eriador entourée de gobelets en terre cuite finement travaillés et emplis d'un liquide vermillon. La jambe pendant nonchalamment par dessus l'un des bras du confortable fauteuil rehaussé de cuir dans lequel il était installé, le propriétaire des lieux observait les trois femmes assises autour de la table qu'il présidait.

Rouge était sa mise. De ses bottes en peau de dragon à sa chemise de soie bouffante dont le col largement ouvert révélait un pendentif en argent ciselé, représentant un scorpion dont les yeux étaient figurés par une paire de rubis. Les jeunes femmes qui l'entouraient étaient à la fois semblables et dissemblables de bien des façons. Toutes néanmoins l'observaient avec le même air curieux. Il leur sourit avec chaleur.

    « Bien. A présent que sont faites les présentations, et avant de poursuivre notre réunion, permettez moi de vous remercier d'être venus à mon appel.
    - Parce qu'on avait le choix ? ».

Celle qui venait de s'exprimer ainsi était assise à sa gauche. Empreint de détermination, son regard ne semblait pas prêt de céder. Pourtant, elle baissa les yeux au bout de quelques secondes à peines, troublée par ce qui habitait les prunelles claires de son interlocuteur. Celui-ci esquissa un sourire, avant de reporter son attention sur ses consœurs.

    « Nous avons toujours le choix. Mais il est vrai que l'alternative ne vous aurait sans doute guère enjouée. Quoi qu'il en soit, merci. Vous savez d'ores et déjà qu'il y a eu une passation de pouvoir. J'ai donc pris la tête de cette... confrérie. Le terme de sororité n'est plus d'actualité je le crains. Et croyez bien que je le déplore, un tel concept ne pouvait que me ravir. Bref. Changement de direction, changement de méthodes. Nous allons enfin passer aux choses sérieuses.
    - M'sire pensait qu'on f'sait quoi, jusque là ? »

La même. Pas froid aux yeux décidément. Voilà qui pourrait toujours s'avérer intéressant. Il l'observa quelques instants, souriant avec chaleur.

    « Laissez moi réfléchir. Quel fut jusque là votre plus grand exploit, mes très chères demoiselles ? Fracturer l'entrepôt de Lamenuir pour y dérober le stock de feuilles du Vieux Tobby qui y était entreposé ? Feuilles que vous avez ensuite revendu à prix d'or lorsque Bree fut frappée par cette fameuse épidémie ? Un coup des plus juteux, et presque sans risque, j'en conviens. Mais vous n'avez fait là qu'exploiter une information que vous n'avez même pas eu à chercher... Et depuis ? Plus rien. Avant ? Vous avez brûlé quelques fermes pour revendre sous le manteau de la bière ? Belle affaire que voilà.
    Je vous parle moi de richesse, de pouvoir, de liberté. Suivez-moi, et sans doute risquerez-vous vos têtes. Mais pas pour de vulgaires peccadilles. Soyez les piliers fondateurs de cette nouvelle organisation. Ce soir verront le jour les Scorpions Écarlates, un nom qui bientôt sera célèbre dans tout le Pays de Bree, voire même au delà. L'aventure vous intéresse t'elle ? »

Le regard de l'homme au scorpion d'argent se porta sur chacune de ses jeunes et belles convives. Tour à tour, chacune acquiesça sans un mot prononcer. Un sourire carnassier s'étira sur ses lèvres.

    « Parfait. Laissez moi donc vous exposer quelle sera notre première opération. Mais d'abord... Trinquons ! ».


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Andarius
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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:17    
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Chapitre VII

L'Agneau et les Loups


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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:18    
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Confortablement installé derrière le large bureau de chêne massif du Seigneur du Covenant, le Gardien Anathor Neigemantel consultait les derniers rapports reçus des Gardiens en poste au Gondor.

La campagne lancée par Ser Raeniel se déroulait on ne peut mieux. Au Gongor, une compagnie de Lames avait été constitué et se préparait, en dépit de la faiblesse de leur nombre, à soutenir au mieux les troupes du Grand Intendant. Ser Trystiel lui-même en avait pris le commandement, abandonnant enfin son masque de Dandy pour redevenir le fier capitaine du Gondor qu'il avait autrefois été. Un temps où Anathor n'était qu'un jeune érudit avec encore tous ses cheveux.

L'entraînement des Lames suivait son cours, même si leur équipement laissait encore fort à désirer. En guise d'exercices pratiques, plusieurs unités étaient régulièrement déployées afin d'intercepter les caravanes de la Corporation de Thorond. Un moyen efficace pour remplir les caisses et ainsi financer la forge d'armes et d'armures. Trois routes commerciales majeures de la Corporation étaient désormais interrompues, cinq de ses caravanes pillées et quatre de leurs relais détruits.

La voie des mers ne s'était pas révélée plus sûre pour leur ennemi. Les trois navires apportées en dot par Dame Celairil avaient été armés et placés sous le commandement de Ser Varas Antarion qui, à défaut d'être lui même un Blanchétoile, servait fidèlement la Maison depuis près de vingt ans. Il semblait le candidat idéal pour son poste, lui qui s'était tant de fois illustrés au sein de la flotte du Gondor avant de quitter celle-ci pour rejoindre ceux envers qui allait sa véritable loyauté.

Ser Varas avait rapidement recruté les hommes d'équipage et officiers nécessaires pour finir de transformer ces navires jusque là destinés au commerce en redoutables vaisseaux corsaires. Outre les lettres de marque du Covenant, son réseau de relations lui avait permis d'obtenir celles du Grand Intendant du Gondor. Déjà deux navires de la flottille marchande de la Corporation s'étaient rendus, et battaient désormais le vert pavillon de la Compagnie de Bois Argenté.

Le vieux Thorond perdait de plus en plus d'or au profit même de son adversaire qui compensait ainsi les moyens mis en œuvre à son encontre. Mais au fond de lui Anathor ne savait que trop que Ser Raeniel ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Il était hors de propos que la mort de Maître Calanthir de la Maison Imrahad reste impunie. Justice serait faite et s'en prendre aux possessions matérielles du patriarche n'était que les prémices de son châtiment pour tous les crimes qu'il avait commis.

Un étrange sourire s'étira sur les lèvres du vieux Gardien. Par les Valar, pourquoi ce vieil imbécile n'avait il dont tenu aucun compte de l'avertissement de Ser Raeniel ? Se prenant pour un prédateur, l'agneau s'était piqué de défier les loups. Sans doute réalisait il désormais ô combien folles et vaines étaient ses manœuvres et ses intrigues.

Mais trop tard. Bien trop tard...


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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:19    
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Chapitre VIII

Le Comptoir d'Esgaroth


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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:19    
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Affalée parmi les coussins de soie, Aerynn s'étira langoureusement sous l'oeil désabusé de Dren. La jeune femme avait troqué l'armure de cuir qui l'avait si fidèlement servie durant leur périple depuis Bree au profit d'une fine robe de soie sauvage mettant en valeur ses formes harmonieuses. Un généreux présent de leur hôte. Le profond décolleté découvrait à loisir sa gorge et permettait d'admirer, aussi, la fine amulette qu'elle portait autour du cou. D'argent ciselé, elle était ornée du loup hurlant de la Maison Blanchétoile.

Observant la cité d'Esgaroth par la fenêtre, Dren porta à ses lèvres la petite flasque qui ne le quittait jamais. Une rapide lampée, puis le contenant revint se nicher à sa place, sous le pourpoint de cuir épais usé par les ans. Malgré l'accueil détendu et affable que leur avait accordé Maître Ascarnil, de la Maison Imrahad, il n'oubliait à aucun instant qu'ils étaient dans l'un des établissements de la Corporation de Thorond. Dans la gueule du loup ? Un sourire ironique éclaira ses traits un bref instant : n'étais-ce pas plutôt eux les loups ? En ce cas ils demeuraient... dans la bergerie ?

Le faucon leur était parvenu au lendemain de leur arrivée à Esgaroth. Rédigée dans le langage de bataille des Blanchétoile, la missive qu'il leur apportait était des plus explicites. Le Patriarche de la Corporation avait fait assassiner son propre fils, et Ser Raeniel avait considéré l'acte comme une déclaration de guerre à l'encontre de la Maison Blanchétoile et donc du Covenant.

Aussi puissante que soit la corporation marchande, ce vieux fou de Thorond n'avait pas réalisé qu'il ne s'en prenait pas là à une simple maison marchande rivale, mais à une alliance politique, économique et militaire contre laquelle il n'avait aucune chance de l'emporter. Que pourraient faire ses quelques gardes et assassins face aux Lames du Covenant voire, si l'entreprise devait rester cantonnée à une guerre de l'ombre, aux Gardiens ?

Le conflit rendait néanmoins leur mission d'origine caduque. De négociants venus discuter d'un éventuel partenariat commercial, ils étaient désormais... quoi, au juste ? Du seul bon vouloir d'Aerynn dépendait la suite de la mission. Voilà qui ne manquerait sans doute pas d'épicer celle-ci.

    « Que comptez-vous faire à présent ? »

La jeune femme afficha un sourire radieux à l'attention de son si dévoué protecteur.

    « Je compte bien me prélasser ici encore un jour ou deux, le temps de profiter de la si aimable hospitalité de notre hôte.
    - Une chance qu'il ignore tout de la guerre qui oppose désormais nos deux Maisons.
    - Pour nous, ou pour lui ? »

Le rire d'Aerynn ponctua sa pique, aussi limpide et clair que l'eau d'une cascade de montagne. Son interlocuteur se contenta de boire une nouvelle gorgée à sa flasque, n'affichant en retour qu'un maigre sourire.

    « Cela risque de faire du vilain, Aerynn.
    - N'ais crainte, Dren. Une nuit devrait me suffire pour finir de récolter les dernières informations qu'il me faut quant aux affaires de notre hôte : contacts, ressources, fournisseurs et voies empruntées par ses caravanes. Ensuite, losqu'il n'aura plus guère de secret pour moi, nous prendrons congé. Et je me ferais un plaisir de lui expliquer pourquoi je mets un terme à nos négociations.
    - Si je ne m'abuse, l'homme peut tout aussi bien nous laisser partir sans encombre... ou tenter de nous jeter au fond d'un cul de basse fosse. Au mieux. Je n'aimerai guère avoir à verser le sang de notre hôte.
    - Allons, Dren. Oserait-il navrer une demoiselle de ma condition par de si viles méthodes ?

Un sourire des plus innocents éclaira les doux traits d'Aerynn, qui cligna doucement des paupières sur ses grands yeux pers. Le regard d'une biche implorant le chasseur de l'épargner, auquel il était impossible de rien refuser, il ne le savait que trop. Qui, en un tel instant, aurait soupçonné, la louve ô combien féroce qui se dissimulait derrière ce visage angélique ? Dren poussa un long soupir résigné.

    « Je vois que vous avez déjà tout prévu. »

La jeune femme sourit de nouveau. Mais seule une farouche détermination se lisait désormais dans ses prunelles.

    « Mes plans sont prêts, en effet. D'ailleurs ton aide me sera évidemment précieuse. Dès demain, tu commenceras à parcourir la ville. L'un de nos Gardiens t'aidera à établir les contacts nécessaires. Nous aurons besoin d'un local, d'entrepôts et surtout de gens solides sur qui nous appuyer. Deux ou trois marchands d'expérience, mais surtout une bonne dizaine d'hommes d'armes prêts à en découdre en cas de besoin. ».

Dren hocha la tête, lentement.

    « Dois-je en conclure qu'à défaut de travailler avec le comptoir de Thorond à Esgaroth, la Compagnie de Bois Argenté escompte fonder le sien propre ? »

La jeune femme se contenta d'un sourire.

    « Mon frère aîné est enfin revenu, Dren. Et il compte sur nous pour développer l'œuvre de notre père ici.
    - L'œuvre de... »

Dren baissa les yeux avant de boire, plus longuement cette fois, prenant la mesure de tout ce que ces simples mots sous-entendaient.

    « Mes Lames sont vôtres, Aerynn Blanchétoile. Comme elles furent à votre père, Ser Etanhiael... »


*
* *


Deux semaines plus tard à peine, la bannière de la Compagnie de Bois Argenté était déployée à l'entrée d'un grand hôtel particulier, sur la cour duquel s'ouvraient deux entrepôts de belle taille et des écuries. Le Comptoir d'Esgaroth ouvrait ses portes, œuvrant d'ores et déjà à collecter les nombreux produits qui seraient ensuite expédiés vers Bree. Epices des riches terres du Sud, vin du Dorwinion, fines soieries,... la Compagnie de Bois Argenté pourrait bientôt offrir nombre de produits exotiques aux habitants du Pays de Bree. Tout du moins, dès que la route commerciale y menant serait enfin praticable...


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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:20    
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Chapitre IX

Les La(r)mes des Pierracoeur


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Message Posté le: 2/03/2010 à 20:24    
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    « Par la barbe de mes ancêtres ! Hors de question ! »

Le Seigneur du Clan Pierracœur frappa vigoureusement du poing la lourde table de chêne massif. Les deux chopes d'étain emplies de bière en tressautèrent, répandant quelque peu du liquide ambré qu'elles contenaient. Silencieux, Raeniel se contentait d'observer le nain, qui poursuivit.

    « Tu t'attendais à quoi, Gamin ? Jamais nous ne forgerons des lames pour tes bouffeurs de salade ! »

Un sourire amusé se dessina sur les traits de l'homme. Thrarin s'évertuait toujours à l'appeler « gamin » en dépit des nombreuses années passées. Il faut dire qu'à l'époque de leur première rencontre, il n'était effectivement qu'un gamin.

    « Et cesse donc de sourire ainsi ! Je ne suis pas l'une de ces pucelles dont tu fais ce que bon te semble !
    - Oh ? En ce cas restons en là et buvons. »

Joignant le geste à la parole, l'homme porta la chope à ses lèvres. A peine avait-il bu quelques gorgées que le nain reposait la sienne, désespérément vide, d'un claquement sec sur le bois.

    « Aaaah ! Toujours aussi doué notre p'tit Clyd ! »

Achevant de vider sa propre chope, Raeniel acquiesça avant d'aller emplir deux nouvelles pintes au tonneau proche. A son retour, il affichait un sourire des plus narquois, une étincelle malicieuse pétillant dans ses prunelles perses.

    « Cela ne te gêne donc pas que le miel de trèfle qu'il utilise soit importé de Celondim ?
    - Bah ! Cesse donc de pinailler. Ce n'est pas du tout pareil.
    - Hmm. A notre maître brasseur, en ce cas.
    - A Clydwyn ! »

Le nain vida sa chope d'un trait avant de pousser un long rot sonore. Son interlocuteur se contenta de quelques gorgées.

    « Thrarin. Ils ont réellement besoin de ces lames.
    - Et pour quoi faire ? Elles ne seront pas vraiment adaptées pour leurs petites manucures...
    - Il s'agit de guerre, Thrarin. L'Ennemi dispose d'un puissant bastion en Forêt Noire, et les Elfes sont sous-équipés. Laissons faire, et bientôt toute la région sera sous sa coupe.
    - Bah ! Ils n'avaient qu'à forger au lieu de festoyer, danser et chanter. Remarque, p't'être qu'ils espèrent que leurs chansons endormiront l'ennemi, assommantes comme elles sont. »

Raeniel sourit.

    « De ce que j'entends, il semblerait que tu partages le point de vue de l'émissaire du Roi Thranduil. »

Un étrange éclat s'alluma dans le regard du nain. S'appuyant contre le dossier de son large fauteuil, il observa longuement son interlocuteur tout en lissant son épaisse barbe rousse.

    « Que veux-tu dire, gamin ?
    - Le Seigneur Flammargent semble assez critique vis à vis de son propre peuple, tout en demeurant très méfiant à l'égard des autres. Il estime apparemment que les Elfes se sont trop coupés du monde réel, se complaisant en futilités alors que sonnent les trompettes annonciatrices de la guerre. Il n'a certes pas parlé de décadence, mais ce n'était pas loin...
    - Comment sais tu tout cela, toi ? »

L'homme haussa simplement les épaules, ses lèvres ornées d'un sourire énigmatique.

    « Disons que j'ai eu l'opportunité de longuement m'entretenir avec lui, pendant que Celairil et Hashferth représentaient le Covenant à Fondcombe, au Conseil d'Elrond. »

Le nain toussa.

    « Parce que tu y étais ?!
    - Bien sûr.
    - Pourquoi ne pas avoir assisté au Conseil en ce cas ?
    - Parce que le Seigneur Elrond connait déjà notre position sur ces questions. Après tout, ce Conseil ne visait finalement qu'à unir sous une bannière commune ceux qui combattent notre Ennemi, ou à leur ouvrir les yeux au besoin. Ce qui est l'essence même du Covenant et le pourquoi de sa fondation. Notre alliance repose sur ce simple constat : seuls, nous sommes déjà vaincus. Unis, notre victoire ne fait aucun doute.
    - Hmmpf. Dis moi gamin... tu n'essaierais pas de faire appel à mes bons sentiments là, l'air de rien ?
    - Parce que tu en as ? »

Le nain rit à gorge déployée.

    « Allez, remplis donc nos chopes. Ton Elfe aura ses lames. Combien à propos ?
    - Tout ce que tes forgerons seront à même de produire dans les mois à venir.
    - Et qui fournira le minerai ?
    - L'Intendance du Covenant, qui devra sans doute acheter à divers fournisseurs. Sauf si d'autres que nous acceptent de participer à ces efforts, ce dont je doute. »

Tout en parlant, Raeniel s'était levé pour se servir au tonneau. Il revint et posa les chopes emplies à ras bord sur la table.

    « Bien. Très bien même. Mais je veux quelque chose en échange. »

Le regard du nain brasillait d'une étrange lueur, que son interlocuteur ne connaissait que trop. Raeniel l'observa longuement, sans plus sourire.

    « Tu sais que les plus terribles des dangers nous guettent dans les profondeurs et les ténèbres...
    - N'est ce pas ton crédo que de faire briller la lumière même au cœur des plus sombres ténèbres ? Écoute gamin, mon Clan demeurait dans ces profondeurs, autrefois. Bien avant que nous ne rallions les Montagnes de Fer. Il est temps que s'achève notre exil. Nous devons reconquérir ce qui nous revient de droit !
    - A quel prix, Thrarin ? »

Le nain sourit.

    « Pour commencer, quelques lames pour tes bouffeurs de salade. Je ne vois pas ce qu'il pourrait y avoir de pire. »

Raeniel secoua lentement la tête, l'air résigné.

    « Je craignais que nous dussions en arriver là, Thrarin. Tu auras ton expédition vers la Moria. Espérons qu'elle ne courra pas à sa perte.
    - Bah ! N'ais crainte gamin. Nous restaurerons la Moria et de là je ferais forger pour tes Lames des armes et des armures dont tu n'oses rêver ! »


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