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Clothild Hautebonté
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Message Posté le: 24/03/2010 à 15:05    Sujet du message : Le dernier breuvage
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En mémoire de ce breuvage




Mourir n'est rien.

-" Je vais le tuer."

-"Je vais l'étriper avec une cuiller à ragoût."

La soirée avait pourtant fort bien débuté. La vente s'était bien déroulée, l'acquéreur secret doit être heureux, il a fait une fort bonne affaire.

Garder les yeux ouverts.

Après le temps fort des enchères, l'atmosphère était détendue, malgré quelques réflexions deci-delà qui n'offusquaient plus Clothild, elle savait que le prix payé pour cet ouvrage rare était un prix très bas par rapport à sa valeur marchande chez les commissaires-priseurs de Bree.

Les conversations allaient bon train, l'humeur était joyeuse, le retour de Tim y était pour beaucoup.
Il restait à donner les peaux à un tanneur qui était aussi présent et la soirée de vente serait bien terminée....viendrait le temps de bavarder avec les caravaniers.

Gémir, comme une bête bonne à abattre.

Quelle idée d'avoir suivi Luperce dans cette escapade. Savoir à qui on a affaire était devenu un dogme chez la caravanière, Luperce étant nouveau, il était utile et important de mieux le cerner. Elle avait bien compris qu'il s'agissait d'une tournée dans les tavernes, mais elle était résistante à l'alcool, depuis qu'elle avait vu ce qui pouvait se passer quand une femme était ivre.
Un entrainement comme un autre, pas par goût, par nécéssité.
C'est assez sûre d'elle qu'elle avait suivi le garçon d'écurie dans ses errances .

Les tripes à feu et à sac, misère et décadence. .


Et, elle avait eut raison de l'accompagner parcequ'elle apprit beaucoup sur les fréquentations du bonhomme.
Puyduchar par exemple, un grand pourvoyeur de médications, qu'est ce qu'il avait remis à Luperce, cette poudre quelles en étaient les propriètés ?
Et Prosper...Luperce avait l'air de bien le connaître, rien de très étonnant à celà, Luperce est natif de la région, mais ils avaient l'air de s'entendre sur des échanges habituels.
Sans parler du passage dans une des ruines des Bois de Chet, occupée par ces brigands de grand-chemin qui pullulaient autant que les cousins dans les marais non loin.

Garder la maîtrise de ses pensées puisque le corps ne répond plus

Les bas-fonds de Bree, une odeur de misère qui s'infiltre, de rance, de brouet, de soupe aigre, un décor de désolation au milieu des taudis aux carreaux brisés, le cheval à demi- mort de faim, les passants gris se fondant dans la poussière du sol. L'odeur d'urine montant par vague d'un recoin près du perron de la maison délabrée où Luperce avait choisi de passer le reste de la soirée.
Elle n'aimait pas l'endroit, mais il ne l'incommodait pas plus que celà, cette atmosphère n'égalait pas ce qu'elle avait pu connaître il n'y a pas si longtemps, même en temps d'homme, et pourtant c'était si loin déjà.

Mentir pour vivre emmurée dans son propre esprit.


Il posait beaucoup de questions....celà , elle savait le contourner sans remord, c'était devenu amusant même.
Et...il n'avait pas fait preuve de beaucoup d'originalité, des interrogations sur son mari sur d'éventuels sentiments...sur d'autres hommes, sur d'autres sentiments éventuels...n'ont ils donc que ces mots à la bouche ces hommes .
Aimer est un état infectieux non désirable qu'il faut extraire au plus vite avant qu'il ne gangrène toute pensée.
Une belle leçon qu'elle avait reçu d'un guerrier de son pays, son propre père.

Continuer à penser .

Jusqu' à la troisième outre, elle pensait avoir réussi à maîtriser ce qu'elle disait, il ne cessait de parler, de poser des questions...mais ensuite ?

Mort...mort...morts...ils sont tous morts...même les chevaux... surtout les chevaux...partout l'odeur de la mort, la couleur de la mort, le chant de la mort, le goût de la mort, le froid de la mort. Ce sont les derniers mots de son discours intérieur dont elle se souvienne ensuite plus rien...d'autre que la sensation de pouvoir voler ....tourner, tourner, tourner, jusqu'à devenir une ellipse qui prend son envol, la pointe des pieds juste au dessus du sol .


Sombrer dans une mer rouge sang.


En position foetale sur le tapis de son bureau, recroquevillée, les mains tentant de maîtriser l'éruption intérieure, elle maudissait ce Luperce, elle transpirait, une sueur glacée perlait sur son front devenu couleur d'albâtre, veiné d'un bleu à peine perceptible, sur sa table à écrire, elle vit le verre d'eau, la poudre...la poudre de Puyduchar, sans mesure, elle en prit une bonne pincée, allongée sur le dos attendant la fin, Clothild fixait le plafond, seuls les mouvements des réflexes palpébraux semblaient scander la musique d'une vie pas encore éteinte.


Mourir n'est rien.

-" Je vais le tuer."

-"Je vais l'étriper avec une cuiller à ragoût."




Dernière édition par Clothild Hautebonté le 24/03/2010 à 15:12; édité 1 fois
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Luperce
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Message Posté le: 24/03/2010 à 15:09    
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"L'a truculé l'quatrième bouzak, l'pas humaine."

Bree n'est qu'un bourg parmi tant d'autres. Certains diront un bourg de paysans et ils n'auront sans doute pas tord. Ici comme ailleurs les légendes sont nombreuses, et les gens ne manquent pas de matière. Des contes pour enfants à raconter avant d'aller se coucher, des histoires à faire peur autour des feux de camp, des récits héroïques pour les vétérans du guet, des anecdotes familiales transmises de vieille femme en belle-fille, des exploits douteux narrés par les jeunes gens, des souvenirs mémorables de banquet hobbit, parfois quelques allusions à des Elfes entr'aperçus au creux des bois...

Parmi tout cela il est une légende qui se murmure dans les estaminets, à l'heure où seuls les plus ivrognes se tiennent encore assemblés et distillent autant de paroles insensées qu'ils boivent de fonds de bouteilles. La légende du dernier breuvage.
S'ils l'entendaient, les plus jeunes diraient que ce n'est qu'un mythe et qu'aucun breuvage ne peut avoir raison d'eux... Mais à l'heure où cette légende est parfois racontée les plus jeunes ont déjà roulé sous la table ou se sont fait ramener à la maison par le bout des oreilles.
C'est une légende qui se partage entre connaisseurs, avec un regard de connivence et des moments de silence. Une légende qui se mérite par des années de beuveries.

Il est dit que ce breuvage prend la forme de quatre boissons qu'il faut boire dans l'ordre. La légende varie d'une contrée à l'autre, toutes les versions ayant en commun que la méthode de distillation de ces quatre boissons est un secret bien gardé.
Au Pays de Bree la légende raconte que la première boisson est assez semblable à n'importe quelle bière commune aux arômes fruités. Un goût de pêche ou de cerise, c'est selon, qui trompe la vigilance du buveur. Comme une chanson douce qui tout à la fois ouvre et calme les sens.
La deuxième boisson dégage un arôme aussi fort que la senteur des tripes d'un cheval mort. Comme un coup de massue qui ramène à la réalité et plonge les sens dans la fange putride.
La troisième boisson est distillée par Poirredebeurré en personne, qui rajoute à une de ses compositions un ingrédient mystère que seuls possèdent les brigands des ruines du Bois de Chet.
La quatrième boisson est un chant du cygne, un voyage vers le ciel étoilé et une invitation à abandonner tous ses sens.

Si beaucoup ont goûté la première boisson sans parfois même le savoir, jamais femme n'est allée au-delà de la deuxième. Tout autant une question de résistance et de corpulence que de capacité à supporter l'écoeurante saveur de cet horrible alcool. Jamais homme n'est allé au-delà de la troisième boisson. Quant à la quatrième, la légende raconte que seule la Mort elle-même la supporte et qu'elle en fait parfois don à ceux dont la vie est parvenue à son terme.
Oh bien sûr il est bien certains vantards parmi les initiés pour clamer qu'ils ont bu une gorgée de la dernière outre. Et c'est peut-être vrai... Mais ceux qui l'ont fait et qui sont encore là pour s'en vanter ont pris la précaution d'aller récupérer une certaine fiole chez le guérisseur Puyduchar et de la boire tout de suite après leur fatale gorgée.


Luperce quant à lui était bien loin de toutes ces considérations. Il luttait pour l'heure avec l'image d'un cheval famélique qui le regardait par au-dessus et semblait se rire de lui avec ses grandes dents jaunies. Une vague odeur de boue mêlée d'urine et de détritus empuantissait l'air. Le jeune homme essayait de se relever mais ses jambes ne répondaient pas et ses bras brassaient désespérément l'espace devant lui pour trouver un objet auquel s'agripper.

Au vu de la douleur qu'il éprouvait, il se serait presque convaincu d'avoir été dépecé pendant son inconscience pour finir en peau d'un tambour présentement martelé par un troll cadençant la charge. ILuperce abandonna cette idée quand un haut-le-coeur vint lui signifier qu'il était encore assez entier pour sentir sa bile s'agiter au fond de son estomac et passer par tous les organes nécessaires avant de finir sur son gilet.

Et ce maudit cheval qui riait toujours... Un autre rire vint s'ajouter, strident, démoniaque, moqueur, interminable. Le jeune homme eut la vision fugace de Clothild tournoyant sur elle-même, les bras étendus, riant à la folie, lévitant au-dessus d'une bourbe informe. Ses cheveux étaient telles des flammes dressées et animées d'une volonté propre. Et quand la Caravanière cessa de tournoyer pour poser un regard à la fois vide et haineux, son visage se transforma, prenant l'apparence de ce maudit cheval qui riait toujours.

Luperce hurla, frappant la tête de cheval. Mais ses poings ne rencontrèrent que le bois d'une chaise. La douleur le ramena à la réalité. Il se souvenait de la discussion dans les bas-fonds. Ou plutôt d'une seule phrase. Une réponse donnée par Clothild à une de ses questions, la seule qui importait dans le flot d'interrogations dont il l'avait abreuvée. Du reste son cerveau imbibé n'avait rien retenu, si ce n'est que Clothild avait bu la quatrième outre qu'il lui avait tendue.


Image



Pour la suite, c'est plus son intuition que sa mémoire qui lui suggéra qu'il avait lui-même bu la fiole de Puyduchar et ramené tant bien que mal la capitaine au comptoir. Il se souvenait vaguement l'avoir déposée sur le tapis de son bureau en laissant l'autre fiole de Puyduchar en évidence.

Puis il avait tenté de faire ce qu'il essayait à nouveau à présent : s'asseoir sur une chaise du bureau. Encore une fois il rata son coup. Encore une fois il sombra en heurtant le sol. Avec comme dernier brin de conscience l'idée que s'il survivait à l'ultime breuvage, Clothild le lui ferait amèrement regretter.


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Myrdalion
Tavernier

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Message Posté le: 24/03/2010 à 15:27    
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Hors-personnage :
A une époque le breuvage ultime avait presque autant fait jaser que le Nettoyant Universel de Fehl Viveslames... Il s'agissait de quatre bières disponibles en jeu qu'il fallait boire dans un certain ordre, la légende racontant que personne n'arrivait jusqu'à la quatrième bière. Bien sûr en jeu cela ne faisait rien de particulier, il fallait donc le jouer en RP et cela donnait lieu à des moments mémorables comme celui que vous venez de lire.

J'ai eu envie de remettre ce breuvage ultime à l'honneur, il sera donc désormais disponible à l'Epouvantail Ivre. Mais attention, ça reste du costaud et arriver à la troisième bière est déjà un exploit, alors je ne parle pas de la quatrième. Hors de question donc de débarquer, d'enfiler les quatre bières et de dire 'ouah j'ai réussi à survivre au breuvage ultime'. Les dés en décideront, et cela n'aura rien de facile.

Voilà comment cela se déroulera :

- le client qui souhaite tenter le breuvage ultime le signale au tavernier (Menehil), qui le groupe alors et lui donnera les bières l'une après l'autre.
- le client boit la première bière, lance un dé 100 et s'il fait moins de 90 il tient l'alcool
- le client boit la deuxième bière, lance un dé 100 et s'il fait moins de 60 il tient l'alcool
- le client boit la troisième bière, lance un dé 100 et s'il fait moins de 30 il tient l'alcool
- le client boit la quatrième bière, lance un dé 100 et s'il fait moins de 10 il tient l'alcool

Au premier jet raté, quelle que soit l'étape, le client finit complètement murgé pour le reste de la soirée et il ne pourra pas faire grand chose hormis des emote du genre
/e est complètement prostré dans un coin, recroquevillé, un filet de salive sortant de sa bouche
/e est allongé par terre, les yeux globuleux, répétant des phrases incompréhensibles...
Impossible en effet d'aller courir partout ou de prendre quelqu'un d'autre à partie : le client n'a plus de jambes, plus de muscles, plus de volonté... Bref, c'est une épave éthylique. Le seul soin qui sera donné sera la fameuse fiole de Puyduchar, pas grand chose à faire d'autre.

Peu de chance d'arriver au bout du breuvage ultime, donc, comme vous voyez. Ca doit rester une légende et les gens arrivant au bout doivent se compter sur les doigts d'une main. Soyez inventifs dans vos attitudes et vos emotes tout au long du déroulement du jeu (ou rappelez-vous de vos soirées trop arrosées) : c'est ça qui est amusant !


***********************************************

- Captain, we are completely surrounded !
- Excellent, now we can fire in any direction !




Dernière édition par Myrdalion le 24/03/2010 à 15:36; édité 1 fois
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Valaraukar
Copiste

Messages : 936
Message Posté le: 24/03/2010 à 15:31    
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Hors-personnage :
J'inscris Thrimlird tout en haut de la liste! Smiley
Par contre ce serait bien de faire varier les chiffres en fonction des races et du sexe, genre un nain tient mieux l'alcool qu'on homme, un gros gars mieux qu'une femme maigrelette! Smiley


______________________________________________

Castor, Membre du Second Cercle Vie de Quartier


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bzjeurd
Lecteur

Messages : 1
Message Posté le: 18/05/2010 à 12:03    
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Hors-personnage :

Si l'on suit ton raisonnement Valaraukar, alors les Elfes devraient avoir qu'une faible probabilité (voire nulle???) de rater ces jets de dé, car ils sont insensibles aux effets de l'alcool ou aux toxines en général. Smiley
A moins que ce breuvage ne soit un brin "magique" et donc seul la chance permet de s'en tirer jusqu'au quatrième godet... sans intervention de paramètres raciaux, de genre ou de constitution.


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